La perspective de projections de films Netflix en salle divise la profession

La plate-forme américaine confirme le projet d’un « événement », et non d’un festival, « visant à célébrer les films et les cinéastes », en partenariat avec une poignée de salles seulement (ici, les locaux de Netflix à Hollywood, Los Angeles, en juillet 2018).

Ce n’est pas un scoop, le cinéma en salle n’est pas en grande forme. La nouvelle selon laquelle la plate-forme Netflix préparerait, dans le courant du mois de décembre, des projections de ses films dans quelques établissements classés « art et essai » a donc mis le feu aux poudres. Lundi 25 octobre, dans un communiqué commun, les syndicats de distributeurs DIRE (distributeurs indépendants réunis européens) et SDI (Syndicat des distributeurs indépendants) se sont dits « choqués d’apprendre la tenue d’un festival Netflix ». « Netflix a conclu un accord pour montrer, dans les salles françaises, en avant-première payante, plusieurs productions de leur cru que nous ne pouvons pas nommer films de cinémacar ils ne sortiront jamais en salle mais sont destinés à être vus par des téléspectateurs, devant leurs écrans de télévision », lit-on dans le communiqué.

Déplorant cette « bande-annonce promotionnelle géante pour inciter des spectateurs de cinéma à s’abonner à un service payant », les distributeurs interpellent les patrons de salles : « Chers exploitants qui participez à cette opération, avec qui nous avons vécu tant d’aventures, de succès et d’insuccès, tant d’émotions, vous rendez-vous compte de l’engrenage dans lequel vous vous engagez ? Vous rendez-vous compte qu’une attraction à court terme de vos spectateurs est un suicide à moyen terme pour nos professions respectives ? »

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Contactée par Le Monde, la plate-forme Netflix confirme le projet d’un « événement », et non d’un festival, « visant à célébrer les films et les cinéastes », en partenariat avec une poignée de salles seulement – le magazine professionnel Le Film français cite, entre autres, le cinéma Méliès de Saint-Etienne, les réseaux MK2 et Utopia. La plate-forme ajoute que, parmi la dizaine de films concernés, pourraient figurer les quatre longs-métrages projetés lors du festival Lumière, à Lyon (du 7 au 19 octobre) : outre Le Pouvoir du chien, projeté en avant-première et en présence de sa réalisatrice Jane Campion à l’UGC Normandie, lundi 18 octobre, et dont la mise en ligne est prévue mercredi 1er décembre, citons Passing (titre français : Clair-obscur), de Rebecca Hall, mercredi 10 novembre ; La Main de Dieu, de Paolo Sorrentino (15 décembre), et The Lost Daughter, de Maggie Gyllenhaal (31 décembre). A l’exception de Passing, les trois autres films étaient sélectionnés en compétition à la Mostra de Venise, en septembre. Don’t Look Up, d’Adam McKay (en ligne le 24 décembre), ferait également partie de la programmation.

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