La perte de la ligne de TER Nice-Marseille, une brèche de plus dans le monopole historique de la SNCF

C’est une belle prise pour Transdev, un revers historique pour la SNCF et une brèche de plus dans son monopole historique. Au terme d’un appel d’offres lancé par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), l’exploitation pour dix ans (plus deux en option) de la liaison de 160 kilomètres Marseille-Toulon-Nice – jusqu’à présent assurée par la société publique – a été attribuée à l’opérateur privé de transports détenu par la Caisse des dépôts et consignations (66 %) et l’allemand Rethmann (34 %), sous réserve d’un vote par l’assemblée régionale, le 29 octobre. L’annonce a été faite par la SNCF, mardi 7 septembre, confirmant une information du site Web spécialisé Mobilettre. Autre candidat malheureux : Thello, filiale du groupe public italien Trenitalia, qui fera néanmoins son entrée dans l’Hexagone, en octobre, avec deux liaisons quotidiennes entre Paris et Milan, via Lyon et Turin.

Le lot ne représente pas une activité énorme (870 millions d’euros) pour le géant Transdev, ses 11 millions de passagers quotidiens dans 17 pays et ses 7,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ni des investissements colossaux (250 millions d’euros sur la durée du contrat). Cette décision n’en est pas moins une petite révolution, après la libéralisation du fret en 2006. Bruxelles a prévu l’ouverture à la concurrence des lignes régionales subventionnées (TER, Intercités gérés par l’Etat) au 31 décembre 2023.

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Après le vote probable du 29 octobre, Marseille-Nice sera la première ligne TER à échapper à la SNCF. PACA avait été la première région à s’engouffrer dans la porte ouverte de la concurrence, en 2019. Son président, Renaud Muselier (Les Républicains), ne cachait pas sa colère face au mauvais fonctionnement de la ligne. « On va avoir les trains à l’heure, on va avoir des rabais, avec une qualité de service ! Je vous le parie aujourd’hui ! », affirmait-il en décembre 2019, lors de l’annonce du lancement des appels d’offres. Les syndicats, eux, dénonçaient cette libéralisation comme « la casse du service public du rail », la CGT jugeant aujourd’hui que l’on donne à la concurrence « les marchés les plus profitables ».

« Cela montre que c’est possible »

Transdev s’engage notamment à porter de 7 à 14 le nombre d’allers-retours quotidiens quand il sera aux commandes, en juillet 2025 ; et « pour un prix équivalent », assure la région. D’ici là, le nouvel opérateur promet de construire des infrastructures, comme un centre de maintenance à Nice, et de s’équiper de nouvelles rames Alstom. Il devra surtout négocier avec les organisations syndicales davantage de polyvalence des cheminots. Les agents travaillant au moins 50 % du temps sur cette ligne passeront obligatoirement chez Transdev avec leurs droits, les autres auront le choix.

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