La plate-forme Sybel va fédérer l’offre de podcasts indépendants

Emmanuel Macron présente le plan France 2030, à Paris, le 12 octobre 2021.

Ecouter « Les couilles sur la table » (produit par Binge Audio) sur Spotify, « Emotions » (du studio Louie Media) sur Deezer, ou « Quoi de meuf ? » (Nouvelles écoutes) sur Apple Podcasts ? Les amateurs de podcasts natifs, toujours plus nombreux (33 % des Français en écoutent, selon une étude de l’institut CSA), ont désormais l’habitude de passer d’une plate-forme de streaming à une autre pour satisfaire leur appétit de contenus sonores.

A partir du 15 novembre cependant, leur manière de faire pourrait bien évoluer. A cette date, la quasi-totalité des productions issues des studios représentés au sein du PIA, le syndicat des producteurs audio indépendants, sera accessible sur la plate-forme française de contenus audio Sybel. En vertu d’un partenariat qui devrait être annoncé jeudi 14 octobre à l’occasion du Paris Podcast Festival, il ne sera donc bientôt plus nécessaire de changer d’agrégateur pour savourer l’adaptation de La disparition de Stéphanie Mailer, de Joël Dicker (une coproduction Sybel et Showtime) avant d’enchaîner avec un épisode de « Transfert » (Slate audio).

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« Modèle unique au niveau mondial »

« C’est le premier accord de ce genre en France, et d’un modèle unique au niveau mondial », se félicite Virginie Maire, cofondatrice et présidente de Sybel. Pour la première fois en effet, les créateurs partageront avec la plate-forme qui les héberge la valeur que les contenus auront créée. En pratique, cela signifie que, consommés au sein de l’univers payant de Sybel, les podcasts seront rétribués à proportion du nombre d’écoutes qu’ils auront suscitées ; écoutés gratuitement, ils se verront affecter la totalité des revenus publicitaires qu’ils auront engendrés. « Nous avons toujours affiché, et prouvé, notre volonté de financer la création », rappelle Virginie Maire.

« Cet accord permet de poser des principes qui vont dans le bon sens », se réjouit Joël Ronez, fondateur de Binge Audio et président du PIA. L’arrangement trouvé prévoit en outre des obligations d’investissement dans la production indépendante et la création originale française – les montants restent à définir. De quoi esquisser les contours d’un futur écosystème « équitable, vertueux, et respectueux des droits », auquel les plates-formes mondiales de streaming sont toutefois encore loin d’adhérer. Si elles ont permis aux podcasts de conquérir le public, elles continuent de contester le principe d’une rémunération des contenus, et imposent des conditions asphyxiantes aux acteurs du secteur – clauses d’exclusivité, mépris des ayants droit, captation trop grande de la propriété intellectuelle, etc.

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