La radio se convertit au numérique terrestre

Longtemps qualifiée de serpent de mer, la radio numérique terrestre sort enfin la tête de l’eau. Mardi 12 octobre, vingt-cinq stations accèdent à une diffusion nationale par le DAB + (Digital Audio Broadcasting). Tout au long de l’axe Paris-Lyon-Marseille, les voitures et les postes équipés de la technologie nécessaire peuvent recevoir les six stations publiques (Fip, France Culture, France Info, France Inter, France Musique et Mouv’), et dix-neuf stations privées (RTL, Europe 1, RMC, Fun Radio, BFM Business, Skyrock, RTL2, etc.).

Parmi ces dernières, on trouve une nouvelle station, AirZen (groupe Mediameeting), deux avatars de médias installés (BFM Radio et Skyrock Klassiks), et deux radios indépendantes qui accèdent pour la première fois à une diffusion nationale : Latina (Groupe 1981) et M Radio (Espace group). Toutes ont respecté la procédure d’appel à candidatures lancée en 2018, qui prévoit une couverture du territoire de 40 % à la fin de 2020, puis de 50 % fin 2022.

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« Tout le monde s’embarque sur ce dispositif, signe que les grands acteurs nationaux lui font confiance », se félicite Roch-Olivier Maistre, le président du CSA, qui s’engage résolument dans sa promotion. « Le DAB + permet une qualité de son numérique, qui présente un gros avantage au niveau du confort en mobilité les fréquences ne se mettent plus à grésiller , il apporte des informations supplémentaires à l’auditeur, etc. », vante le haut fonctionnaire. Autre avantage, plus inattendu : « L’émission en DAB + étant un peu plus puissante, un seul émetteur permet de diffuser treize signaux, au lieu d’un seul. Il utilise donc un peu moins de bande passante. » Alors que la bande FM était saturée, cette nouvelle possibilité devrait « redonner de l’oxygène au secteur », conclut M. Maistre.

Une aide pour supporter les coûts de double diffusion

Cet enthousiasme n’a pas toujours été de mise, tant la radio numérique terrestre a longtemps été synonyme, pour le marché, d’une concurrence accrue à retarder autant que faire se peut. Dès aujourd’hui, les antennes vont diffuser des messages de promotion de ce service anonyme et gratuit (contrairement à la radio par internet), tandis qu’une majorité d’acteurs du secteur s’apprêtent à se constituer en association, afin d’accompagner les campagnes de communication. Le ministère de la culture pourrait les encourager en apportant un million d’euros. Le Sirti, syndicat des radios indépendantes, dont certaines se sont engagées dès les premières expérimentations en 2014, réclame une aide afin de supporter les coûts de double diffusion (en FM et par le DAB +) consentis.

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