La réforme de l’assurance-chômage, un symbole politique pour Emmanuel Macron

Emmanuel Macron au palais de l'Elysée, le 24 septembre 2021.

C’est une réforme économique et sociale qu’Emmanuel Macron entend ériger comme un vrai objet politique à un peu plus de six mois de l’élection présidentielle de 2022.

Alors que la mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage est prévue pour vendredi 1er octobre, le chef de l’Etat veut en faire un vrai marqueur de son bilan. Après avoir défendu cette mesure phare de son quinquennat, en février 2018, comme un élément de sécurité face à la précarité du marché de l’emploi – en contrepartie à la flexibilité offerte par les ordonnances travail –, le locataire de l’Elysée la présente désormais comme une manière d’inciter les chômeurs à la reprise du travail. Avec les valeurs du « mérite » et de « l’effort » intronisées comme un axe phare de son discours.

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Cette réforme, qui durcit les règles de calcul de l’allocation-chômage, repose sur « une volonté simple », avait-il expliqué, le 12 juillet : « En France, on doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu’en restant chez soi, ce qui n’est actuellement pas toujours le cas. » Une tirade, dans laquelle le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, avait décelé « un petit brin de populisme ».

« C’est un combat culturel »

Mais loin d’adoucir ses propos, M. Macron a ensuite réaffirmé sa conviction pour défendre la mise en œuvre de cette réforme. « Il faut s’assurer qu’il n’est jamais plus rentable de ne pas travailler que de travailler », a-t-il lancé, le 16 septembre, lors d’un discours devant la principale organisation des indépendants – artisans, commerçants, professions libérales – à la Maison de la mutualité. Avant de poursuivre : « Nous devons réengager la nation tout entière dans cette culture du travail et du mérite, c’est un combat culturel. »

Une manière d’envoyer un signal à l’opinion, surtout sa frange la plus conservatrice, particulièrement sensible au thème de la lutte contre « l’assistanat ». « Il y a une arrière-pensée électorale de la part d’Emmanuel Macron, qui s’inscrit dans sa stratégie plus générale de capter l’électorat de droite, analyse Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l’IFOP. Avec cette mesure, il parle avant tout aux petits et aux moyens entrepreneurs, qui sont pour la plupart confrontés à une pénurie de main-d’œuvre, alors même que dans cette période de sortie de crise, le taux de chômage reste élevé, autour de 8 % [de la population active]. »

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Une « situation paradoxale » aux yeux de la ministre du travail, Elisabeth Borne, consistant à avoir des entreprises « qui ne parviennent pas à recruter » et « des chômeurs qui ne parviennent pas à retrouver un emploi », qui justifie, selon elle, la mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage.

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