La Révolution française, un garage provençal et une pianiste argentine : nos replays du week-end

LA LISTE DE LA MATINALE

Semaine estivale en province ou à l’autre bout du monde aujourd’hui. Pas besoin de passe sanitaire pour visiter Paris en 1789 ou le garage d’un petit village provençal, se laisser bercer dans l’intimité de Martha Argerich ou envoûter par ces auteurs émergents africains et haïtiens au Festival d’Avignon…

La Révolution française comme si vous y étiez !

Extrait du documentaire « Révolution ! », d’Hugues Nancy et Jacques Malaterre.

De la prise de la Bastille à la fin de la Terreur, le docu-fiction Révolution ! nous transporte, caméra à l’épaule, au cœur du Paris populaire de 1789. Face caméra, Danton, Marat, Robespierre ou Desmoulins expliquent leurs actions, exposent leurs craintes, développent leurs espérances. Filmer la Révolution comme un reportage, tel est le pari, réussi, d’Hugues Nancy et Jacques Malaterre, sous le contrôle de l’historienne Sophie Wahnich, spécialiste de la Révolution française. « Pour crédibiliser le procédé narratif, il fallait que l’on “sente” la présence de la caméra, explique le réalisateur. Des comédiens à qui l’on demande généralement de ne surtout pas regarder la caméra devaient au contraire jouer avec elle, quitte à l’interpeller parfois. »

Une mise en scène de révolutionnaires connus donc, mais aussi, et surtout, d’anonymes des quartiers populaires, tels Athanase Lamoureux, jeune homme sachant lire et écrire, Gabrielle Pecheloche, modeste lavandière au caractère bien trempé, ou Jonas Lebigant, un ouvrier de la manufacture des Gobelins qui deviendra l’un des robespierristes les plus impitoyables, véritable commissaire politique avant l’heure.

Des premières émeutes de quartier, en avril 1789, à l’exécution de Robespierre, le 10 thermidor an II (28 juillet 1794), qui sonne le glas de la Terreur, cette période tragique où se joue l’avenir de la toute jeune République prend une épaisseur humaine, pour le meilleur et pour le pire. Sans pour autant oublier le déroulé historique, avec la voix de Philippe Torreton, si aisément identifiable, qui accompagne le téléspectateur en lui donnant des informations précises sur les événements, et une musique signée Michel Korb, qui s’adapte à la fureur ambiante… Une sorte de retour vers le futur au cœur du Paris révolutionnaire. Alain Constant

« Révolution ! »,d’Hugues Nancy et Jacques Malaterre (France, 2021, 2 × 57 min). Sur France 2.

Martha Argerich, concert privé et propos intimes

« Concert privé chez » est une rencontre avec de grands musiciens comme Martha Argerich. Elle joue de la musique de chambre, une musique par essence intime, dans le cadre de sa maison.

C’est un concert de musique de chambre sans public que donne Martha Argerich, chez elle, à Genève, avec son partenaire de longue date, le violoncelliste Mischa Maisky. C’est presque aussi une répétition, qui montre les deux artistes tenter d’être synchrones sur le premier accord des Variations sur un thème de La Flûte enchantée, de Beethoven, l’une des œuvres inscrites au programme. C’est aussi une poignée d’entretiens courts, taiseux mais intenses, avec ces grands silences accompagnés d’un sourire énigmatique si typiques de la pianiste argentine, juvénile en dépit des 80 ans qu’elle a fêtés le 5 juin. Ils sont menés par sa fille, Annie Dutoit, dont le père est le chef d’orchestre suisse Charles Dutoit.

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