La SNCF abandonne le projet actuel de rénovation de la gare du Nord

Hall de la gare du Nord, à Paris, le 1er avril 2020.

Le projet très controversé de rénovation et d’agrandissement de la gare du Nord tel qu’il avait été conçu avec Ceetrus, la société foncière immobilière du groupe Auchan, c’est désormais terminé. Le dénouement de ce feuilleton, qui a connu moult rebondissements depuis trois ans, est intervenu mardi 21 septembre, à 21 h 57.

Dans un communiqué inattendu, SNCF Gares & Connexions, la filiale du groupe ferroviaire chargée de concevoir, de rénover et d’entretenir les stations, a annoncé mettre « fin au contrat de concession de la gare du Nord conclu avec Ceetrus en 2019 ».

Deux raisons principales ont présidé à cette décision. Le coût global du projet, tout d’abord, qui a littéralement explosé ces derniers mois. En 2020, il était déjà passé à 900 millions d’euros, contre les 600 millions annoncés en 2018. Désormais, on parlait de 1,5 milliard au minimum, hors aléas de chantier. La facture pour le seul centre commercial – il devait être accolé à la halle historique Jacques Ignace Hittorff (1792-1867) et faisait polémique parce que jugé démesuré et inadapté aux enjeux du XXIe siècle –, avait quant à elle doublé, passant de 380 millions à quelque 750 millions d’euros.

Lire la tribune : Gare du Nord : « Un projet dépassé avant même d’être construit »

Le calendrier n’était par ailleurs pas du tout respecté. Alors que la plus grande gare d’Europe devait être opérationnelle pour le coup d’envoi de la coupe du monde de rugby de 2023 et l’ouverture des Jeux olympiques en 2024, tout laissait penser qu’elle serait plutôt couverte de bâches et ceinte de palissades au moment où le monde entier regarderait vers la France. La fin des travaux n’interviendrait qu’en 2026, au plus tôt.

« Compte tenu de ces dérives insupportables par rapport aux engagements contractuels de Stationord [le consortium composé de Ceetrus à 66 % et de SNCF Gares & Connexions à 34 %], SNCF Gares & Connexions ne peut que constater la défaillance grave de son concessionnaire et prononcer sa déchéance » tranche le communiqué de la filiale du groupe ferroviaire.

« Déroute industrielle »

L’engagement de cette procédure pour faute a été entériné, mardi soir, par trois conseils d’administration : celui de SNCF Gares & Connexions, de SNCF Réseau et celui de la maison mère de la SNCF, la holding de tête. Au cours de ces assemblées, « la déroute industrielle », et « le dysfonctionnement de la maîtrise d’ouvrage » ont été clairement dénoncés.

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