La SNCF annonce mettre fin au projet actuel de rénovation de la gare du Nord

La SNCF a annoncé mardi 21 septembre au soir qu’elle mettait fin au projet actuel de transformation de la Gare du Nord, porté par une société commune entre Ceetrus, filiale immobilière du groupe Auchan, et la SNCF.

« Compte-tenu des dérives insupportables par rapport aux engagements contractuels » de la société commune StatioNord, la SNCF « ne peut que constater la défaillance grave de son concessionnaire et prononcer sa déchéance », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Le gigantesque chantier devait tripler la surface de la gare parisienne, première gare d’Europe, en prévision des Jeux olympiques et paralympiques de 2024.

SNCF Gares & Connexions, la filiale de la SNCF en charge des gares, avait été avertie en juillet d’un dérapage du coût prévisionnel des travaux, portant la facture à plus de 1,5 milliard d’euros, contre 500 millions encore envisagés fin 2020, et d’un « retard considérable » les empêchant d’être achevés d’ici aux JO 2024.

Elle promet désormais « une adaptation rapide de la Gare du Nord aux enjeux » de la Coupe du monde de rugby en 2023 et des jeux Olympiques de 2024, et « la conception d’un nouveau projet de transformation (…) élaboré en concertation étroite avec les acteurs publics concernés ».

Longue polémique avec la mairie de Paris

La concession avait été confiée à la société anonyme Gare du Nord 2024, une coentreprise formée par SNCF Gares & Connexions (34 %) et Ceetrus (66 %), cette dernière étant l’acteur chargé de la conception, des travaux et de leur financement. Après une longue polémique avec la Mairie de Paris – qui pourtant avait approuvé le dossier à l’origine –, une mouture moins ambitieuse du projet avait été adoptée en novembre 2020, ce qui n’a pas empêché les difficultés.

Un accord avait été alors conclu sur la forme finale de la gare : moins de surfaces commerciales et un peu plus de parkings à vélos que prévu initialement. Plus de 700 000 personnes transitent chaque jour dans cette gare aujourd’hui et 900 000 sont attendues en 2030.

Lire aussi Bouygues retenu pour la rénovation de la gare du Nord à Paris

Plus tôt dans la journée, la Mairie de Paris n’avait pas voulu réagir dans l’immédiat, disant attendre une position plus définitive de SNCF Gares & Connexions. Nicolas Bonnet-Oulaldj, chef des élus communistes parisiens, s’est réjoui de ce qu’il voit comme « l’abandon du centre commercial à la gare du Nord », saluant « une victoire contre un projet qui faisait la part belle au privé au détriment du besoin des usagers ».

« La preuve que le recours au privé aboutit toujours à des dépassements budgétaires exorbitants », a déclaré la conseillère de Paris LFI Danielle Simonnet, demandant à la Mairie de Paris « d’entendre enfin la contestation des riverains, des usagers et des associations ».

Les élus communistes franciliens ont eux réclamé l’abandon d’un autre projet qu’ils contestent, celui du CDG Express, une liaison rapide qui doit relier en 2025 la capitale à l’aéroport de Roissy.

Le Monde avec AFP