La Tunisie en discussion avec les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite pour renflouer ses caisses

La Banque centrale de Tunisie, en 2013.

La Tunisie est en discussion avec les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite pour renflouer les caisses de l’Etat, qui se tarissent sous l’impact d’une double crise économique et politique, selon un responsable de la banque centrale cité par des médias locaux.

Dans des propos rapportés récemment par deux radios privées, Mosaïque FM et Shems FM – et confirmés lundi 18 octobre à l’AFP par un responsable de la Banque centrale de Tunisie sous couvert de l’anonymat –, Abdelkarim Lassoued, chargé des financements et paiements extérieurs au sein de cette institution, a fait état de « discussions avancées avec l’Arabie saoudite et les Emirats pour renflouer les ressources de l’Etat », sans préciser le montant de l’aide financière sur laquelle portent les discussions ni sous quelle forme elle serait attribuée.

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L’économie tunisienne, caractérisée par une croissance en berne depuis dix ans (0,6 % par an en moyenne) et une forte inflation (6 % par an), a été frappée de plein fouet par la pandémie de Covid-19, qui a mis le pays à l’arrêt et l’a privé de recettes touristiques cruciales.

Moody’s dégrade la note du pays

La crise a été aggravée par le coup de force du président Kaïs Saïed, qui, invoquant un « péril imminent » menaçant le pays en raison d’une impasse politique, s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet en limogeant le gouvernement et en suspendant le Parlement, dominé par le parti d’inspiration islamiste Ennahda.

Ces mesures, dénoncées par l’opposition et des ONG comme une dérive autoritaire, suscitent des inquiétudes au sein de la communauté internationale concernant la pérennité de la démocratie en Tunisie, berceau du « printemps arabe » en 2011. M. Saïed a reçu le soutien des Emirats et de l’Arabie saoudite, deux pays en première ligne dans la lutte contre l’islam politique, dont Ennahda est l’émanation en Tunisie.

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Le conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie a exprimé sa préoccupation, début octobre, concernant « le tarissement aigu des ressources financières extérieures face aux besoins importants pour boucler le budget de l’Etat pour l’année 2021 ». Mi-octobre, l’agence de notation Moody’s a dégradé d’un cran la note souveraine du pays, qui est passée de B3 à CAA1, signifiant que la confiance accordée aux finances tunisiennes diminue. « Si d’importants financements ne sont pas sécurisés […] il existe un risque de défaut de paiement » du pays, a prévenu Moody’s.

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Le Monde avec AFP