La valorisation du CAC 40 dépasse 7 000 points pour la première fois de son histoire

C’est une première depuis sa création en 1987. L’indice CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris rassemblant quarante fleurons de l’économie française, a dépassé, vendredi 5 novembre, peu après l’ouverture, 7 000 points, s’établissant à 7 018,31 points.

Cette semaine, la place parisienne a enchaîné les records : le CAC 40 a d’abord dépassé mardi son record de clôture qui datait du 4 septembre 2000, s’établissant à 6 927,03 points, contre 6 922,33 il y a vingt et un ans), avant de détrôner, le lendemain, son plus haut absolu atteint en séance le même jour (6 948,27 points).

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Soutien des banques centrales

Les records de l’indice parisien sont dus à « un environnement de taux favorable et des résultats d’entreprises solides dans un contexte de reprise économique forte », explique Daniel Larrouturou, gérant actions de Dôm Finance. La Bourse de Paris et les autres marchés boursiers ont été portés ces derniers mois par le soutien des banques centrales. Ces dernières ont fait couler l’argent à flots depuis le printemps 2020 afin de s’assurer qu’une crise financière ne se rajoute pas à la crise sanitaire liée au Covid-19. Les marchés ont aussi été dopés, à partir de novembre 2020, par l’arrivée des vaccins contre le Covid-19, qui ont ouvert la voie à une sortie de crise.

Les bons résultats des entreprises au troisième trimestre, « avec des rebonds spectaculaires dans de nombreux secteurs, à la fois au niveau de l’activité et des résultats », souligne M. Larrouturou, ont ensuite permis à l’indice parisien de gravir les dernières marches.

Fin des liquidités illimitées

Cependant, l’ère des liquidités quasi illimitées touche à sa fin. La banque centrale des Etats-Unis, la Fed, a officialisé mercredi la réduction de son programme de rachat d’actifs.

Mais les marchés semblent s’en satisfaire étant donné que le président de la Fed, Jerome Powell, a assuré que le rythme de réduction des achats était ajustable en fonction de la situation économique et qu’il n’était pas encore temps de penser à une hausse des taux directeurs.

Le CAC 40 pourrait-il donc continuer de monter, alors qu’il affiche déjà une progression de 26 % depuis le début de l’année ? « Très difficile à dire », pour Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuilles chez Mirabaud. « Le risque majeur, c’est d’avoir, à un moment donné, de l’inflation forte et une dérive des taux d’intérêt qui remonteraient trop vite, trop fort et pourraient faire des dégâts sur le marché », explique-t-il.

Les taux actuellement bas rendent les obligations peu rentables et incitent les investisseurs à se tourner davantage vers les actions, qui seraient à l’inverse moins recherchées en cas de remontée des taux.

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Le luxe porteur

Le gérant écarte, en tout cas, le risque d’éclatement d’une bulle comme ce fut le cas en 2000. Le record, atteint après trois années de montée des valeurs liées aux nouvelles technologies, avait été suivi de l’effondrement des valorisations de la bulle Internet, entraînant un krach majeur. « La grosse différence par rapport à 2000, c’est que le marché était concentré sur quelques valeurs technologiques, dont certaines ont disparu depuis. On achetait plutôt une perspective, précise M. Rozier. Aujourd’hui la situation est différente, ce qui tient le marché est du réel. »

Les investisseurs achètent les actions des entreprises qui affichent de bonnes performances, comme celles du luxe ou celles liées à la transition énergétique. La forte hausse des valeurs du luxe, qui pèsent plus d’un quart de la cote parisienne, a d’ailleurs contribué à ce que le CAC 40 se porte un peu mieux depuis le début de l’année que les autres grandes places européennes ou américaines. Le groupe LVMH, qui représente à lui seul près de 15 % de la capitalisation du CAC 40, a pris 37 % depuis janvier et Hermès, 67 %. L’Oréal, qui compte pour environ 10 % du CAC 40, a bondi de 33 %.

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Le Monde avec AFP