La Ville de Paris rachète le Bataclan au groupe Lagardère

Le Bataclan le jour de sa rouveture, le 12 novembre 2016, avec à l’affiche un concert de Sting.

La Ville de Paris va racheter au groupe Lagardère le fonds de commerce du Bataclan, a annoncé vendredi 2 juillet Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire, Anne Hidalgo. Le Bataclan, salle mythique inaugurée en 1865 et située au 50, boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement de Paris, avait été la cible de l’attaque la plus meurtrière des attentats djihadistes du 13 novembre 2015, qui avaient fait 130 morts dans la capitale et à Saint-Denis. Pendant trois heures, trois djihadistes avaient pris le public de la salle en otage et avaient exécuté 90 personnes parmi les 1 500 venues assister au concert des Eagles of Death Metal.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La seconde vie des rescapés des attentats du 13-Novembre : « Celle que j’étais avant est morte au Bataclan »

En juin 2020, le groupe Lagardère avait mis en vente, pour 70 millions d’euros, ses salles de spectacle, dont le Bataclan, les Folies-Bergère et le Casino de Paris. Le rachat de la société d’exploitation des spectacles Bataclan pour un montant de 1,4 million d’euros, se fera par l’intermédiaire de la société anonyme d’exploitation du Palais omnisports de Paris-Bercy (SAEPOPB), dont le conseil d’administration a validé jeudi le projet, a précisé M. Grégoire. Le rachat devra être entériné la semaine prochaine au Conseil de Paris.

« Outre la charge symbolique extrêmement forte qui lie cette salle à la ville de Paris » depuis les attentats, le Bataclan « nous intéresse beaucoup sur le[s] plan[s] industriel et culturel », a souligné M. Grégoire, par ailleurs président de la SAEPOPB, société d’économie mixte de la Ville.

Avec le Bataclan, la Ville aura ainsi « une troisième salle dans le giron de la SAEPOPB, avec Bercy et la future Arena II de la porte de la Chapelle, sur trois créneaux de jauge très complémentaires : 1 000 à 1 700 spectateurs pour le Bataclan, 5 000 à 8 000 pour l’Arena II et 12 000 à 20 000 pour Bercy », ajoute le premier adjoint.

Le groupe a accepté l’offre de la SAEPOPB, comme a pu le confirmer Jérôme Langlet, directeur général de la filiale Lagardère Live Entertainment, à l’Agence France-Presse. « Si le projet se confirme, nous sommes persuadés que les équipes de l’Accor Arena [Bercy] et de la Mairie de Paris sauront, aux côtés de l’équipe du Bataclan, continuer à écrire cette histoire culturelle et engagée », a déclaré M. Langlet.

Difficile retour à la normale

En 2018, soit trois ans après les attentats, le groupe Lagardère était devenu l’unique propriétaire du Bataclan, après que Jules Frutos et Olivier Poubelle, les deux anciens codirecteurs de la salle de spectacle, eurent revendu les 30 % de parts restantes au groupe de médias. C’est Florence Jeux, ancienne directrice du festival des Francofolies de La Rochelle, qui dès lors avait pris la direction de la salle.

Depuis sa réouverture, la salle est à la peine. Accueillir un spectacle dans un espace marqué par tant de souffrances ne fait pas l’unanimité, autant du côté du public que du côté des artistes. A cela se sont ajoutés la crise sanitaire et les confinements.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Après le traumatisme du 13 novembre 2015, la renaissance du Bataclan arrêtée par le Covid-19

De son côté, pendant la campagne des municipales de 2020, l’équipe d’Anne Hidalgo avait assuré que, en cas de réélection, elle n’hésiterait plus à prendre le contrôle de certains lieux culturels menacés afin de les protéger. Le scrutin à peine passé, deux opérations de ce type avaient été lancées pour préserver de petites salles chargées d’histoire, le Lavoir moderne parisien (18e arrondissement) et La Flèche d’or (20e arrondissement). C’est ensuite sur le Bataclan que se sera porté l’intérêt des élus parisiens, après avoir appris l’intention du groupe Lagardère de vendre ses salles de spectacle.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi A Paris, la Mairie prend le contrôle de lieux culturels en péril

Le Monde avec AFP