L’agence photographique Roger-Viollet soigne son exposition

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Publié aujourd’hui à 17h00

La façade de la galerie Roger-Viollet sur la rue de Seine, à Paris, le 6 octobre 2021.

Comme la colle Cléopâtre, la lessive Soupline, la ­maison d’édition Gallimard ou les biscuits Petit Beurre, l’agence ­photographique Roger-Viollet est un pan de la mémoire collective française… Une référence transgénérationnelle sur laquelle on tombe au hasard d’une page tournée dans un livre d’histoire ou en lisant la légende d’une photo dans une exposition.

Fondée en 1938 par Hélène Roger-Viollet, l’agence de presse photographique s’installe au 6 de la rue de Seine, à Saint-Germain-des-Prés, dans la boutique de Laurent Ollivier, un marchand qui vendait aux étudiants de l’Ecole des beaux-arts des reproductions d’œuvres et des photos de paysages.

Le Goût de M

Hélène Roger-Viollet rachète le fonds avec son époux, Jean Fischer, et l’enrichit au fil des décennies de clichés que le duo prend ou achète à des photographes, jusqu’à constituer un ensemble de 6 millions de photos. Le couple n’ayant pas eu d’enfants, la Mairie de Paris hérite de l’ensemble en 1994. Il y a quatre ans, le fonds de la galerie est commercialisé et mis sur le marché par le biais d’une concession de service public.

« Lorsque j’ai investi le lieu, en janvier 2020, j’ai compris qu’il fallait en priorité nous ouvrir au public. » Gilles Taquet, président de l’agence

Parmi les professionnels sur les rangs, Gilles Taquet, déjà propriétaire de plusieurs agences de photographie, remporte le marché : « Un véritable trésor national mais qui était dans son jus. » Jouissant d’une adresse prestigieuse, à l’ombre de l’Institut de France, à deux pas du pont des Arts, de la Seine et au cœur du quartier des galeries, l’emplacement est idéal, mais les archives s’y entassent dans des boîtes de rangement vert sapin qui prennent la poussière.

Alors que l’agence est ouverte au public pour l’acquisition de tirages, rares sont ceux qui osent en pousser la porte… « Lorsque j’ai investi le lieu, en janvier 2020, j’ai compris qu’il fallait en priorité nous ouvrir au public », explique Gilles Taquet. Il a alors l’idée de rythmer la galerie en trois espaces, suivant l’architecture de l’endroit, organisée en trois travées perpendiculaires à la rue.

L’espace d’exposition, avec ses tabourets créés par Wendy Andreu. En ce moment et jusqu’au 8 janvier, « L’Orient en grand ».

Il fait appel au jeune architecte David Apheceix, auteur d’un travail minimaliste, sensible et dans la retenue, qui joue sur la lumière, les volumes et les effets de matériaux. Il imagine dans la travée de gauche un espace ­d’expositions temporaires thématiques pour valoriser le fonds (jusqu’au 8 janvier, « L’Orient en grand » propose des photos de l’Egypte, de la Tunisie, du Maroc et de l’Algérie des années 1900).

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