L’agriculture biologique continue de susciter des vocations

Des kiwis biologiques portant le label AB, sur un marché, à Nantes, en novembre 2017.

Les voyants de l’agriculture biologique restent au vert. En 2020, en pleine pandémie de Covid-19, le seuil des 50 000 fermes bio a largement été franchi pour atteindre 53 483. Soit une progression de 13 % du nombre d’adeptes en un an, selon les chiffres publiés vendredi 9 juillet par l’Agence bio (Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique). Désormais, elles représentent 12 % du total des exploitations agricoles françaises.

Plus précisément, l’Agence bio recense 7 800 nouvelles exploitations ayant reçu le label à la feuille blanche sur fond vert des mains des organismes certificateurs en 2020. En parallèle, 1 800 fermes bio ont jeté l’éponge. Qu’elles aient fait le choix de revenir vers une agriculture conventionnelle ou que l’agriculteur ait décidé purement et simplement de cesser son activité. Soit un solde net de 6 000. Et le rythme de conversion ne semble pas montrer de signe de faiblesse. Sur les cinq premiers mois de l’année 2021, le nombre de nouveaux engagements en bio dépasse les 4 640.

De forts aléas

« Nous sommes plutôt satisfaits. Il y a eu une petite musique, évoquant le coup de froid sur la bio, mais nous ne le voyons pas dans les chiffres », réagit Laure Verdeau, directrice de l’Agence bio. « De plus, souligne-t-elle, nous continuons à bien marcher sur nos deux jambes. Nous maintenons l’équilibre entre la production et la consommation. » En effet, le total des achats d’aliments bio des ménages à domicile et en restauration a atteint 13,2 milliards d’euros en 2020, en progression de 10,4 %.

Un chiffre global qui cache toutefois de forts aléas, crise du coronavirus oblige. La fermeture des restaurants et des cantines, le recours au télétravail ont profondément bousculé les habitudes des Français. Sans surprise, le chiffre de la consommation bio en restauration plonge de 21 % à 505 millions d’euros. A l’inverse, les emplettes dans les supermarchés, les magasins de proximité ou directement à la ferme ont progressé de 12,2 % pour un montant global de 12,67 milliards d’euros. A noter que, dans ce contexte de pandémie, les ventes ont été légèrement moins favorables aux grandes surfaces, même si elles s’arrogent toujours plus de la moitié du gâteau.

Si les vins tirent les exportations, ils ne suffisent pas à équilibrer la balance commerciale du bio, négative à près de 2 milliards d’euros

Si le rythme de croissance de la production bio est au diapason de celui de la consommation, la part des importations reste logiquement quasi stable à 33,5 %. Mais elle croît en valeur pour atteindre 2,85 milliards d’euros. « Les produits exotiques, fruits, thé, café, chocolat… représentent 13 % du total. Le reste est constitué par les fruits, les légumes, les céréales, des filières françaises qui sont encore déficitaires », explique Philippe Henry, président de l’Agence bio, agriculteur en Meurthe-et-Moselle. Si les vins tirent les exportations, ils ne suffisent pas à équilibrer la balance commerciale du bio, négative à près de 2 milliards d’euros.

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