« Laila in Haifa » : l’objet élégant mais froid d’Amos Gitaï

Khawla Ibraheem dans « Laila in Haifa », d’Amos Gitaï.

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

A Haifa, ville portuaire du nord d’Israël, Le Club, boîte de nuit dernier cri, inaugure une exposition de photographies-chocs sur le sort des Palestiniens. S’y croisent, le temps d’une nuit, plusieurs personnages, dont le photographe, la propriétaire des lieux nommée Laila, son mari, négociants et figures interlopes, notables et anonymes, juifs ou Arabes, hommes ou femmes, homos ou hétéros.

Pour son nouveau long-métrage, le cinéaste israélien Amos Gitaï investit ce lieu de rencontres comme un terrain neutre où, une fois laissées au vestiaire les conflictualités identitaires, peuvent se poser enfin les questions importantes, comme l’état déplorable des relations israélo-palestiniennes, les rapports entre l’art et la politique, la liberté d’être et d’agir, le fait de rester ou de s’exiler…

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Télescopage de sujets

On se demande simplement si un bar branché, avec son gratin noctambule, était le meilleur lieu pour qu’un tel télescopage de sujets n’apparaisse pas comme un brassage par trop superficiel. Fort de son dispositif théâtral, mais voulant concentrer trop de choses, le film ne trouve pas la bonne partition, oscillant entre propos oisifs et sentencieux (« le système politique actuel ressemble à une mauvaise pièce de théâtre »). A l’arrivée, Laila in Haifa constitue un objet élégant, mais aussi un peu froid, comme vitrifié dans les reflets de son club mondain.

Film franco-israélien d’Amos Gitaï. Avec Maria Zreik, Khawla Ibraheem, Tsahi Halevi, Bahira Ablassi (1 h 39).