L’Algérie ne passera plus par le Maroc pour exporter son gaz en Espagne

Le siège de la compagnie pétrolière Sonatrach, à Alger, en 2019.

Les livraisons de gaz algérien à l’Espagne se feront désormais exclusivement via le gazoduc sous-marin Medgaz, après la décision d’Alger d’abandonner le pipeline utilisé actuellement et qui transite par le Maroc, ont indiqué mercredi 27 octobre des ministres des deux pays.

Depuis 1996, l’Algérie expédie vers l’Espagne et le Portugal environ 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an via le GME (Gaz Maghreb Europe), un gazoduc traversant le Maroc, mais Alger a décidé de ne pas reconduire ce contrat, sur fond de grave crise diplomatique entre les deux voisins du Maghreb. Un autre pipeline, le gazoduc sous-marin Medgaz, achemine aussi depuis 2011 du gaz algérien jusqu’à l’Espagne, mais il opère déjà au maximum de sa capacité de 8 milliards de mètres cubes par an, soit la moitié des exportations algériennes annuelles vers ce pays et le Portugal.

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La poursuite des livraisons à l’Espagne a été au centre de discussions, mercredi à Alger, entre la ministre espagnole de la transition écologique, Teresa Ribera, chargée de l’énergie, et le ministre algérien de l’énergie et des mines, Mohamed Arkab. L’Algérie est le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne.

Vers une extension de la capacité de Medgaz

« L’Algérie, à travers la compagnie Sonatrach, honorera ses engagements avec l’Espagne relatifs à l’approvisionnement en gaz naturel et elle est prête à discuter des conditions de livraisons gazières supplémentaires », a déclaré M. Arkab, cité par l’agence officielle APS. « Les partenaires espagnols ont été assurés que l’Algérie fournira tous les approvisionnements prévus. Nous nous sommes engagés également à ce que toutes les livraisons se fassent à travers les installations se trouvant en Algérie, via le gazoduc Medgaz et les complexes de conversion de gaz », a précisé le ministre. M. Arkab a évoqué une extension de la capacité de Medgaz et un accroissement des exportations de gaz naturel liquéfié par la voie maritime.

Mme Ribera a quant à elle affirmé, selon l’APS, avoir été informée par son interlocuteur algérien des « dispositions prises pour continuer d’assurer de la meilleure manière les livraisons gazières à travers le Medgaz, selon un calendrier bien déterminé ».

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Traditionnellement difficiles, les relations entre l’Algérie et le Maroc se sont dégradées ces derniers mois en raison surtout du dossier du Sahara occidental. Rabat contrôle près de 80 % de ce vaste territoire désertique au sous-sol riche et bordant des eaux poissonneuses, alors qu’Alger soutient les indépendantistes sahraouis du Front Polisario. Fin août, l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc.

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Le Monde avec AFP