« L’alternative ne peut qu’être inventée par les écologistes et les gauches réunis »

Tribune. Nous assistons à l’effondrement de notre République. Quand deux tiers des électeurs ne votent pas et que la quasi-totalité de la jeunesse décroche, le pire devient probable : le pacte de la cité est rompu. Il ne faut pas s’y tromper cependant : nos concitoyens ne sont pas dépolitisés, mais désenchantés.

Nous sommes confrontés à la fois à une mise en cause radicale de l’organisation politique (« nous ne sommes pas représentés »), de la citoyenneté (« le vote ne suffit pas »), et des politiques conduites comme des programmes (« l’offre ne correspond pas à nos attentes »). La crise déclenchée par l’épidémie de Covid-19 laisse en effet une France moralement exsangue.

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Le « quoi qu’il en coûte » a certes permis d’éviter le pire, mais les plus pauvres et les plus précaires le sont devenus davantage encore, tandis que les plus aisés ont vu au contraire leur épargne et la valeur de leur patrimoine exploser. Les jeunes en particulier, qui galéraient déjà bien souvent pour entrer sur le marché du travail, rencontrent des difficultés d’une gravité inédite.

L’autoritarisme du pouvoir

Si la reprise de l’économie semble engagée, le retrait des mesures de soutien à l’activité risque d’entraîner des drames dans de nombreux secteurs dont les entreprises ont été fragilisées. Pourtant, Emmanuel Macron et son gouvernement sont manifestement décidés à reprendre comme si de rien n’était le cours des « réformes » néolibérales que l’épidémie avait suspendu.

Ils veulent en effet de toute urgence tailler de nouveau dans les indemnités reçues par les chômeurs, retarder encore plus le départ en retraite des salariés… L’autoritarisme du pouvoir, sa verticalité, déjà clairement affirmés avant la crise, ont été encore renforcés dans la gestion solitaire de la pandémie.

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Au même moment, les idées et les hommes de la droite extrême dominent de plus en plus un paysage médiatique lui-même de plus en plus concentré aux mains de puissants intérêts privés. Ils organisent panique identitaire sur panique identitaire. L’intolérance, le sexisme, la xénophobie, la violence physique ou verbale sont constamment encouragés.

Pas de projet à gauche pour susciter l’espoir

La « trumpisation » de la société française est en marche. Loin d’être un rempart face à cette évolution comme il le prétendait en 2017, Emmanuel Macron s’est révélé en être un accélérateur, et cette dynamique fait peur. L’alternative ne peut qu’être inventée par les écologistes et les gauches réunis.

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