« L’Amour flou », « Hightown », « House of Cards. The Final Cut » : nos choix de séries de la semaine

« L’Amour flou », une série créée et réalisée par Romane Bohringer.

L’apprentissage du désamour par un couple de bobos de la périphérie parisienne, les tribulations maritimes d’une agente des forces de l’ordre très imparfaite, la déchéance d’un des grands ce monde : entre Toussaint et Armistice, les séries prennent des couleurs de saison.

« L’Amour flou » : ne nous quittons pas

Après une dizaine d’années de vie commune et deux enfants, Romane Bohringer et Philippe Rebbot, comédiens de leur état, se sont séparés. Et parce qu’ils ne savaient pas trop bien comment vivre l’un sans l’autre, ils ont décidé d’en faire un film ensemble. L’Amour flou, comédie douce-amère sortie en 2018, racontait la création du « sépartement » − soit deux espaces de vie distincts reliés par la chambre des enfants. Réponse très « bobo » à la crise du logement, il se trouve que le sépartement est également un excellent point de départ à la chronique de ce temps suspendu entre deux états : plus du tout ensemble, pas tout à fait séparés. Et L’Amour flou, la série, de prendre le relais.

Dramédie plus proche de la sitcom que des larmes, L’Amour flou filme la cohabitation chaotique de quatre membres (cinq si l’on compte la chienne de Philippe, « 45 kg de chienlit », selon son ex-compagne) d’une famille en cours de recomposition. Recomposition qui viendra naturellement souligner les limites du sépartement et en signifier la fin. A l’écriture et à la réalisation, Romane Bohringer signe une série à la fois personnelle et généreuse, fantaisiste et émouvante sur ce que le temps qui passe fait à l’amour. Audrey Fournier

L’Amour flou, série créée et réalisée par Romane Bohringer, avec Romane Bohringer, Philippe Rebbot, Monica Bellucci, Eric Caravaca, Richard Bohringer (Fr., 2021, 9 × 30 min). Le lundi sur Canal+ à partir du 8 novembre. A la demande sur MyCanal.

« Hightown », saisons 1 et 2 : pêcheurs en eaux troubles

Si l’on avait pris le temps de faire connaissance avec Jackie Quiñones (Monica Raymund) au long de la première saison de Hightown, on la retrouvera avec plaisir et curiosité. Elle vit et travaille à Provincetown (Massachusetts), à Cape Cod, destination balnéaire de la communauté LGBT de Boston et port de pêche. Ce qui tombe bien puisque, lorsque l’on fait sa connaissance, Jackie Quiñones consacre ses journées à contrôler les filets et les casiers des équipages locaux pour le compte de l’agence fédérale chargée de la gestion des fonds marins, et ses nuits à séduire les touristes venues s’encanailler. Alcoolique et toxicomane, elle ne fait guère honneur aux forces de l’ordre, et la première saison a été consacrée à sa laborieuse rédemption, à travers une enquête qui l’a menée au plus près d’un réseau de narcotrafiquants. Il a suffi de quelques épisodes pour que cette accumulation de signes distinctifs (l’homosexualité, les addictions…) se transforme en un vrai personnage.

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