L’artiste-designer Camille Walala réenchante les quartiers de Londres

L’artiste Camille Walala, dans son atelier.

Ces dernières années, les rues de Londres se sont parées d’immenses fresques multicolores. Derrière ces œuvres monumentales se cache une clique de jeunes artistes, autoproclamés « The New London Fabulous ». Avec ses à-plats et ses jeux de géométrie sur d’anciens entrepôts de Brooklyn, des façades de la City ou une piscine d’hôtel à l’île Maurice, ses passages cloutés multicolores et même une installation en Lego, Camille Vic Dupont, alias Camille Walala, est la plus célèbre et la plus frénétique d’entre eux. Mais, comme ses camarades, la Française – installée à Londres depuis de nombreuses années – a été ralentie dans ses projets par la pandémie.

Obligée de se poser, elle a réfléchi et décidé d’inscrire son travail dans un sillage plus engagé. En s’investissant notamment pour les artistes : « Au Royaume-Uni, ils n’ont reçu aucune aide financière. Alors, pour rappeler leur rôle essentiel, nous avons rouvert le Design Museum et transformé sa boutique cadeau en supermarché éphémère. Nous y avons vendu des haricots en boîte, du liquide vaisselle, du papier toilette, dont les emballages étaient dessinés par des artistes. »

« Supermarket », la supérette éphémère imaginée par l’artiste au Design Museum.

Elle a aussi imaginé un château gonflable pour adultes installé sur une sinistre place du quartier de la City, parce que « la ville est faite pour se reposer et profiter des espaces extérieurs ». Une attraction pensée notamment pour ceux qui ne vont pas au musée.

Puisqu’il est désormais prouvé que la laideur est source de stress et de mal-être, Camille Walala s’emploie à peindre de la beauté dans tous les quartiers de la ville, dans une démarche qu’elle qualifie « d’intérêt général ». Son rêve serait de transformer Oxford Circus, l’un des carrefours commerçants les plus animés de Londres, en agora piétonnière, avec une fontaine, des arbres et une multitude de sièges.

Un des éléments du projet de végétalisation d’Oxford Street.

« Il faut rendre les villes aux citoyens ! s’exclame la street artiste. Elles ne peuvent plus seulement être des lieux de consommation… J’ai aussi envie de m’investir dans la vie de mon quartier de Leighton, très défavorisé. Quel choc de voir que, pendant le confinement, le pub du coin préparait des repas pour les enfants qui n’avaient pas assez à manger ! »

Des émotions d’enfance

Dans une autre vie, Camille Walala aurait pu être conseillère d’orientation. Elle développe d’ailleurs actuellement des ateliers pour encourager des élèves à créer et les aide à réaliser des collages qui seront ensuite accrochés dans la cour de récréation. « Je veux remplacer les leçons souvent tristes par des moments joyeux. J’aimerais être la voix qui donne confiance aux enfants… »

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