L’Assemblée nationale vote la poursuite du plan de relance

Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a défendu le plan de relance à l’Assemblée nationale, à Paris, le 2 novembre 2021.

L’Assemblée nationale a voté, mardi 2 novembre, la poursuite des milliards du plan de relance en 2022, malgré les critiques des oppositions sur du « saupoudrage » et un manque de lisibilité, dans l’attente du plan d’investissement France 2030.

Les crédits pour l’année prochaine s’inscrivent dans le plan de relance de 100 milliards d’euros annoncés pour 2020 à 2022, autour de trois « piliers » : « Ecologie », « Compétitivité » et « Cohésion des territoires ».

Quelque 55 milliards ont déjà été engagés, s’est félicité le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, saluant la « rapidité » de ce plan et sa « souplesse ». « Des fonds ont bien marché », comme MaPrimRenov’, une aide à la rénovation énergétique pour les particuliers, et « il a fallu remettre des crédits », a souligné le rapporteur général, Laurent Saint-Martin (La République en marche, LRM), qui les qualifie de « boosters de croissance ».

« L’effet de levier sur l’économie ne me paraît pas à la hauteur de l’effort de l’Etat », a nuancé le président de la commission des finances, Eric Woerth (Les Républicains, LR).

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« Manque de lisibilité »

Dans le détail, 12,9 milliards d’euros sont inscrits en crédits de paiement en 2022 dans la mission « plan de relance » votée. Le gouvernement comptabilise également au titre de son plan d’autres lignes budgétaires, comme celle de la baisse des impôts de production des entreprises.

A l’unisson, droite et gauche ont critiqué « un manque de lisibilité flagrant », du « saupoudrage » et un « enchevêtrement des plans », avec le démarrage dès 2022 de France 2030, le plan d’investissement annoncé par Emmanuel Macron. « Il sonne comme une avancée positive mais aussi un désaveu de votre premier plan de relance », a cinglé la chef de file des députés socialistes, Valérie Rabault. Communistes et « insoumis » ont demandé la fin des « chèques en blanc » sans contrepartie aux entreprises.

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Charles de Courson (Libertés et territoires) a repris les réserves du comité d’évaluation du plan de relance, présidé par Benoît Cœuré, qui a souligné récemment son efficacité mais parfois au détriment de la qualité de certains projets. « La politique du chiffre vous a guidés, il faut rectifier en 2022 », a plaidé le député.

Récusant tout « saupoudrage » et louant la « simplicité » du plan, le ministre a aussi cherché à rassurer sur le déficit engendré. Avec la croissance prévue à 6,25 % « au moins » en 2021, « l’Etat pourrait engranger des recettes fiscales supplémentaires » ; mais si c’était le cas, « elles iraient à la réduction du déficit et de la dette », a-t-il martelé.

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Le Monde avec AFP