Laurent Garnier remet le son avec The Limiñanas

Laurent Garnier, au café Les Valseuses, à Apt, en août.

Frissons, épuisement, hilarité… Au bout de et moins de vingt-quatre heures après le second des deux sets venus clôturer, les 24 et 25 juillet, à Lyon, le festival électro Nuits sonores, Laurent Garnier peine à redescendre de son nuage. « C’était fou ! Les gens avaient tellement envie ! Je suis monté dans les tours. Tu te rends compte qu’un truc t’a vraiment manqué quand tu reprends ce genre de gifle. »

A 55 ans, le DJ emblématique de la French touch a beau avoir parcouru, en plus de trente ans, la plupart des clubs et festivals phares de la planète techno house, il reste un éternel accro à cette dose d’adrénaline collective. « Aucune drogue n’est aussi puissante que cette communion orgasmique entre un DJ et son public, insiste-t-il, soulagé d’avoir pu dépoussiérer ses platines après des mois de confinement. Nous savions que le monde des clubs serait le premier à fermer et le dernier à rouvrir. »

« Nous partageons avec Laurent [Garnier] un goût pour la répétition et la transe. » Lionel Limiñanas, musicien

Même isolé dans sa maison proche du Lourmarin (Vaucluse), dans ce Luberon où son épouse, lui et leur fils ont décidé de déménager, il y a seize ans, pour échapper à la banlieue parisienne, il n’est pas resté inactif. A preuve, un passionnant documentaire biographique, Laurent Garnier : Off the Record, réalisé par Gabin Rivoire, dont une diffusion à la télévision est ­prévue cet automne.

Autre témoignage d’un musicien en action, De Pelicula, un album aux saveurs de road-movie fantasmé, cosigné avec le duo ­garage rock The Limiñanas. Cette B.O. imaginaire gorgée d’un sex-appeal sombre et sudatoire voit le DJ-compositeur-producteur amplifier le psychédélisme des Perpignanais, sans recourir aux artifices techno. « Nous partageons avec Laurent [Garnier] un goût pour la répétition et la transe », explique Lionel Limiñanas.

Après avoir demandé au DJ le remix d’un titre – Dimanche, chanté par Bertrand Belin – tiré de leur cinquième album, Shadow People (2018), Lionel et Marie Limiñanas ont profité de l’arrêt forcé de leur tournée internationale pour proposer à Laurent Garnier une aventure créative au rythme d’échanges de sons entre une Catalogne et une Provence confinées.

« Ce projet m’a réconforté à un moment où je ne voulais plus écouter une note de techno. » Laurent Garnier

« Ils m’envoyaient une boucle de riffs ou de Mellotron [un ancêtre du synthétiseur], que je leur renvoyais, complétée d’arrangements ou de mélodies de claviers. C’était fluide, on s’est beaucoup amusés », indique le DJ, peu déstabilisé par les références rock et cinéma­tographiques très ­sixties-seventies du duo.

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