Le blob, étrange animal domestique et objet d’études scientifiques

« Avoir un blob reste un loisir instructif basé sur l’observation », explique Stéphane Josso qui possède huit blobs.

Qu’y a-t-il dans la valise de Thomas Pesquet ? Un casque de réalité virtuelle pour faire du vélo dans Paris, des emballages comestibles en pain d’épice, une playlist de 200 morceaux, une pince acoustique à ultrasons, des graines d’œillet d’Inde, des plats cuisinés de chefs étoilés… Point de raton laveur dans cet inventaire à la Prévert, mais quatre blobs.

« Quatre quoi ? », s’étrangleront ceux qui n’ont encore jamais entendu parler de cet organisme unicellulaire de la famille des myxomycètes, curiosité scientifique dotée d’une intelligence d’autant plus remarquable qu’elle ne possède ni cerveau ni neurones.

Lire le récit : Le blob, cet étrange génie visqueux, ni plante, ni animal, ni champignon

Destiné à être le sujet d’expériences en impesanteur, son voyage dans l’espace – qui ne débutera en fait qu’en août, après son transport jusqu’à la Station spatiale internationale (ISS) à l’intérieur d’un conteneur pressurisé – a tout d’une consécration pour cette espèce d’aspect visqueux à la complexité comportementale fascinante.

C’en est une aussi pour tous ceux qui élèvent, collectionnent et s’échangent des blobs à la manière d’un hobby. Le phénomène n’a pas l’ampleur des Tamagotchi, ces animaux de compagnie virtuels créés par un fabricant de jouets japonais au milieu des années 1990, ni celle des pois sauteurs mexicains offerts par Pif Gagdet, vingt-cinq ans plus tôt, mais il relève de la même attirance pour les êtres étranges, et leur domestication.

Acheté sur Le Bon Coin

Ni animal ni végétal, ni même champignon, le blob est en effet une créature à nulle autre pareille, aux capacités d’apprentissage et de régénération uniques. Coupez-le en deux, et il cicatrisera en moins de trois minutes. Rapprochez-le d’un congénère, et les deux individus fusionneront en une seule et même masse. Placez-le à l’entrée d’un labyrinthe, et il trouvera de lui-même le chemin le plus court menant à la sortie où aura été déposé un flocon d’avoine, sa nourriture préférée.

Positionnez-le au milieu de plusieurs aliments éparpillés dans une boîte de Petri (les petits cylindres, en verre ou plastique, utilisés pour la mise en culture de bactéries, par exemple), et il se déploiera à la façon d’un réseau ferroviaire afin de se rendre efficacement de l’un à l’autre. Ne lui manque que la parole. « Ou de ramener la balle », comme s’en amuse Stéphane Josso, 43 ans, l’un de ces « blobistes » amateurs.

Cet opérateur dans une entreprise agroalimentaire de Concarneau (Finistère) s’est procuré son premier spécimen sur Le Bon Coin, en octobre 2020, après être tombé par hasard sur une annonce classée dans la catégorie « animaux ». « Cela reste un loisir instructif basé essentiellement sur l’observation, un peu comme avec un terrarium, explique-t-il. Cela demande une certaine rigueur, sans prendre trop de temps si l’on est organisé. Il est présent chaque jour, mais reste discret dans la vie quotidienne et familiale. » Stéphane Josso possède aujourd’hui huit blobs, tous achetés sur Internet. En trouver dans la nature, par exemple sur du bois mort ou sur des fruits pourris, n’est pas impossible, mais relève du coup de chance.

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