Le budget rectificatif entérine les mesures pour soutenir le pouvoir d’achat en France

C’est un exercice budgétaire classique en fin d’année, pour ajuster les comptes de l’Etat. Mais, à cinq mois du scrutin présidentiel, alors que le pouvoir d’achat est revenu en force dans les préoccupations des Français, il prend une tournure particulière. Présenté mercredi 3 novembre en conseil des ministres, le deuxième projet de loi de finances rectificative de 2021 entérine plusieurs mesures prises ces dernières semaines par le gouvernement pour tenter de répondre aux inquiétudes sur le sujet.

Y figurent, notamment, la rallonge du chèque énergie annoncée mi-septembre par le premier ministre, Jean Castex (580 millions d’euros), et l’essentiel de l’« indemnité inflation », présentée il y a dix jours, à destination des personnes gagnant moins de 2 000 euros net par mois (3,6 milliards d’euros sur les 3,8 milliards de coût total de la mesure, qui correspondent à la compensation par l’Etat des organismes qui verseront ces sommes : Sécurité sociale, Pôle emploi…).

Le projet de loi de finances rectificative comprendra aussi 400 millions d’euros sur les 900 millions du « plan compétences » pour les chômeurs de longue durée, et deux milliards d’euros pour renflouer France compétences, l’instance de gouvernance nationale qui ­répartit les fonds de la formation et de l’apprentissage, victime de son succès. Quelque 240 millions seront versés pour les musées et le spectacle vivant, au titre de compensations de la crise sanitaire, ainsi que 500 millions d’indemnisation contre le gel en faveur des agriculteurs. Le bouclier tarifaire gelant les prix du gaz et de l’électricité devrait, lui, être financé au titre de 2022. Au total, plus de 7 milliards d’euros de dépenses nouvelles seront inscrits dans ce budget rectificatif.

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Côté recettes, le gouvernement va engranger de copieuses rentrées fiscales supplémentaires (près de 5 milliards). En cause, l’embellie conjoncturelle : le PIB a crû de 3 % au troisième trimestre, dépassant les prévisions les plus optimistes. Le haut conseil des finances publiques, chargé de donner un avis sur la trajectoire budgétaire, a d’ailleurs indiqué mercredi que « l’hypothèse de croissance du gouvernement devrait être dépassée ». Il a regretté entre les lignes d’avoir été saisi avant la publication de ces chiffres meilleurs que prévu, qui risquent de modifier à nouveau la trajectoire budgétaire. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui avait revu mi-octobre la croissance à la hausse, à 6,25 % pour cette année, n’a pas réajusté ses prévisions pour autant.

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