Le cas Eric Zemmour émeut une nouvelle fois ses collègues du « Figaro »

« Les choses sont absolument claires entre nous : le jour où il manifestera ses intentions, il ne pourra plus écrire pour Le Figaro. » Eric Zemmour, candidat à la prochaine élection présidentielle ? L’hypothèse est prise au sérieux au sein du quotidien conservateur, au point d’avoir fait l’objet d’un échange entre les représentants de la société des journalistes (SDJ) du journal et le directeur des rédactions, Alexis Brézet, mercredi 2 juin.

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Le résumé de leur rencontre, qui a été l’occasion d’aborder diverses questions touchant à l’organisation et au fonctionnement de la rédaction, a fait l’objet d’un communiqué transmis aux salariés du quotidien, jeudi 3 juin en début de soirée. Il y est également question des « accusations qui visent le journaliste » publiées par le site d’information Mediapart (fin avril et le 30 mai), faisant état d’agressions sexuelles dont Eric Zemmour se serait rendu coupable.

« C’est une évidence : on ne peut pas être en même temps journaliste au Figaro et candidat à l’élection présidentielle », a insisté Alexis Brézet en réponse aux inquiétudes de la SDJ. Dans son compte rendu, celle-ci invite toutefois la direction à anticiper d’éventuelles difficultés et à « examiner les solutions possibles ». « Les manifestations de ses intentions se multiplient, souligne ainsi la SDJ, à travers notamment les témoignages de personnalités qui le soutiennent dans cette démarche ou qui ont été sollicitées par lui pour préparer une campagne. »

« Pas de plainte »

Apparemment, les accusations d’agressions sexuelles sont un autre non-sujet : la direction du Figaro ne lancera pas d’enquête interne ni n’apportera de commentaire. « A ma connaissance, il n’y a pas de plainte, pas d’enquête ouverte, rien d’autre que des articles de presse dont un certain nombre de précédents sont là pour nous rappeler qu’on ne saurait sans risque juridique en tirer des conséquences individuelles », s’est défendu Alexis Brézet.

« Comme dans tous les groupes qui ont pris la question des violences faites aux femmes au sérieux, Le Figaro dispose de procédures, de personnes référentes, ainsi que de mécanismes d’alerte et de traitement de ces dossiers, ajoute le directeur général, Marc Feuillée. Or, jamais nous n’avons été saisis, directement ou indirectement, de faits concernant Eric Zemmour. Pas plus avant qu’après les articles de Mediapart. » A ses yeux, le site d’information cherche à « mettre en accusation » le journaliste dans une démarche comportant « une part de combat politique ».

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