Le Centre international de recherche sur le cancer presse l’Union européenne d’adopter le logo Nutri-score

En France, il se diffuse de plus en plus dans les rayons de supermarchés, environ 500 industriels et distributeurs l’ayant adopté.

C’est un soutien de taille pour le Nutri-score, logo nutritionnel qui fait l’objet d’une âpre bataille entre épidémiologistes, industriels et certains groupements de producteurs. Mercredi 1er septembre, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence rattachée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a publié une note de synthèse sur le Nutri-score, appelant à son « adoption obligatoire et urgente au niveau de l’Union européenne et au-delà ». Selon le CIRC, ce logo – qui renseigne sur la composition nutritionnelle d’aliments manufacturés, au moyen d’un score allant de A à E et d’un code couleur du vert au rouge apposés sur la face avant des emballages – « est un outil efficace pour guider le consommateur vers des choix alimentaires plus sains », et en ce sens participe à la prévention contre le cancer.

Pour établir ce « brief », les experts du CIRC se sont appuyés sur les dernières données scientifiques, notamment celles issues de la cohorte EPIC (une vaste enquête européenne sur les liens entre alimentation et santé menée sur plus de 500 000 personnes), montrant un lien significatif entre la consommation d’aliments mieux notés par le Nutri-score, et un moindre risque de cancers et de mortalité. Et Inge Huybrechts, chercheuse en épidémiologie nutritionnelle au CIRC de préciser :

« Ces travaux publiés, ajoutés à l’ensemble de la littérature scientifique aujourd’hui disponible sur le Nutri-score (près d’une cinquantaine de publications au niveau international), constituent maintenant un socle très robuste de connaissances conduisant à recommander son adoption comme logo obligatoire en Europe. »

Pour le CIRC, le logo Nutri-score, apposé sur la face avant des emballages, participe à la prévention contre le cancer.

Dans l’UE, des tensions envers un Nutri-score européen

Alors que plusieurs pays européens sont vent debout contre cet étiquetage, le CIRC insiste dans ce document sur la nécessité que « la science guide les décisions politiques dans le domaine de la santé publique ». La Commission européenne s’est engagée, par la voie de sa stratégie alimentaire De la ferme à la fourchette « F2F », à adopter un logo nutritionnel harmonisé d’ici à fin 2022, sans préciser quelle forme il prendrait. Un petit groupe de pays européens bataille depuis contre cette mesure, pour éviter en particulier que le Nutri-score soit le logo retenu. En tête de ces frondeurs, l’Italie, dont les représentants citent fréquemment les exemples du grana padano ou du jambon de Parme, notés D ou E, ou celui de l’huile d’olive, classée C, pour discréditer le Nutri-score, perçu comme une attaque contre la « diète méditerranéenne ».

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