Le cinéaste Roman Polanski mis en examen pour diffamation

Le cinéaste Roman Polanski a été mis en examen pour diffamation, pour des propos mettant en doute la véracité de l’accusation d’abus sexuels portée contre lui par l’actrice Charlotte Lewis, a appris l’Agence France-Presse, vendredi 8 octobre, auprès de leurs avocats, confirmant une information de BFM-TV.

MHervé Temime, avocat de Roman Polanski, a confirmé la mise en examen de son client, soulignant que c’est une mesure « automatique » en matière de diffamation. Se disant « parfaitement serein sur le sort de ces poursuites », il a ajouté :

« La procédure et l’audience nous permettront de rectifier un grand nombre de mensonges et de fausses accusations. Ce qui n’est pas audible devant les médias pourra apparaître devant la justice et être débattu contradictoirement. »

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Dans un long entretien publié par Paris Match en décembre 2019, M. Polanski « considère que [Charlotte Lewis] est une menteuse, l’assimile à une affabulatrice », a déploré l’avocat de l’actrice britannique, MBenjamin Chouai, qui a déposé plainte avec constitution de partie civile en mars 2020.

Visé par d’autres accusations de viol

Charlotte Lewis, née en 1967, avait tourné dans le film Pirates, réalisé par Roman Polanski en 1986. A Los Angeles, en 2010, elle avait affirmé avoir été « abusée sexuellement » par le cinéaste, dans l’appartement parisien de ce dernier, au début des années 1980, alors qu’elle avait 16 ans.

Mais dans son entretien à Paris Match de 2019, M. Polanski, visé par d’autres accusations de viol, se référait à un entretien qu’elle avait accordé en 1999 à un tabloïd britannique, News of the World, pour relever des « contradictions » et un « odieux mensonge » de la part de Charlotte Lewis. Il soulignait notamment la phrase suivante : « Je savais que Roman avait fait quelque chose de mal aux Etats-Unis, mais je voulais être sa maîtresse (…). Je le désirais probablement plus que lui ne le voulait. »

L’actrice a toutefois contesté dès 2010 la véracité des propos. « Nombre des citations qui me sont attribuées dans l’article de News of the World ne sont pas exactes », avait-elle dit.

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Un procès éventuel devant la 17chambre du tribunal correctionnel de Paris pourrait devoir attendre plusieurs mois, voire plusieurs années, car les délais d’audiencement de cette chambre sont longs.

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Le Monde avec AFP