Le cinéma musical de Kyle Eastwood au Festival Django Reinhardt de Fontainebleau

Kyle Eastwood en concert, le 1er juillet, au Festival Django Reinhardt, à Fontainebleau (Seine-et-Marne).

Comme pour d’autres festivals qui peuvent accueillir plus de 1 000 personnes, l’accès à la prairie du Bois-d’Hyver du parc du château de Fontainebleau (Seine-et-Marne), où est organisé, du jeudi 1er au dimanche 4 juillet, le Festival Django Reinhardt, nécessite, avec le billet d’accès, la présentation du passe sanitaire. « Nous en avons informé le public très tôt, et cela a été bien reçu, indique Sébastien Vidal, directeur artistique du festival. Et 1 200 forfaits pour les quatre jours ont été vendus rapidement, plus du double de d’habitude, ce que je vois comme un signe de confiance. » Avec cette année une capacité d’accueil un peu réduite, de 5 000 personnes à 3 800, en dehors de quelques centaines pour les équipes techniques, les bénévoles, la presse, etc.

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L’herbe est verte et grasse, les arbres qui bordent la prairie bien en feuilles, le site accueillant et convivial. C’est avec Les Doigts de l’homme (trois guitares, contrebasse, percussions) et la chanteuse Amélie-les-crayons que débute le premier jour festivalier, jeudi 1er juillet. Plaisant voyage en jazz manouche, avec des éléments latinos, les trois temps de la valse, de belles chansons, Mes très chers, L’Errant, ou des fantaisies pimpantes comme La Garde-Robe d’Elizabeth. Suit le quintette du contrebassiste et bassiste Kyle Eastwood, l’un des enfants du réalisateur Clint Eastwood, pour un programme de musiques de films tirées de son album Cinematic (2019, Jazz Village/PIAS), qui sera joué dans plusieurs festivals (à Sète, Nice, Marciac…).

Avec Eastwood, le pianiste Andrew McCormack, le trompettiste et bugliste (superbe sonorité) Quentin Collins, le saxophoniste Brandon Allen, dans le lyrisme coltranien, et le batteur Chris Higginbottom. Leur interprétation parfaite, pleine de swing de Skyfall, qu’a chanté Adele pour le film de la série des aventures de James Bond, pose les choses. Tout de suite, le groupe est dans l’élan musicien.

La silhouette de Steve McQueen

Tout a été parfait, l’esprit des originaux en juste support à l’avancée soliste, l’improvisation. Il y a le rendu du motif inquiétant composé par John Williams pour le film d’espionnage La Sanction réalisé par Clint Eastwood en 1975. L’atmosphère film noir, la mélancolie de la dernière partition de Bernard Herrmann, celle où il s’approcha le plus du jazz, pour Taxi Driver (1976), de Martin Scorsese. Des images de San Francisco, la silhouette de Steve McQueen surgissent de la réduction en quintette de la partition orchestrale de Lalo Schifrin pour le générique de début de Bullitt (1968), de Peter Yates.

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