« Le Concorde, la fin tragique du supersonique », sur Arte : le dernier vol comme si vous y étiez

Le Concorde en flammes, le 25 juillet 2000, à Gonesse (Val-d’Oise).

ARTE – À LA DEMANDE – DOCUMENTAIRE

Les documentaires sur l’histoire du miracle technologique et du désastre économique que fut le Concorde ne manquent pas, témoignant de l’intérêt du public pour ce fruit d’une alliance industrielle entre la France et la Grande-Bretagne, dont le traité de coopération fut signé dès 1962, sept ans après un premier vol d’essai. Quant à l’accident tragique (113 morts) de Gonesse (Val-d’Oise), le 25 juillet 2000 – qui mit fin, trois ans plus tard, à l’exploitation du mythique aéronef –, il a également fait l’objet d’émissions télévisées.

Il y eut notamment Concorde, le rêve supersonique (2007), de Thomas Risch et Laurent Portes, qui proposait une analyse très développée de son histoire. Puis Concorde’s Last Flight (2010), de Christopher Spencer, un travail également très étayé, qui associait documents d’archives, témoignages et scènes reconstituées d’un goût discutable.

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Le Concorde, la fin tragique du supersonique (2020), d’Angela Volkner et Peter Bardehle, revient sur la catastrophe en racontant la destinée des derniers appareils – vendus à l’encan, en pièces détachées, ou rachetés entiers par des collectionneurs, dont celui qui en a fait don au Musée automobile et technologique de Sinsheim, en Allemagne.

Ce documentaire avait été proposé une première fois par Arte en 2020, à l’occasion du vingtième anniversaire du terrible accident. La chaîne franco-allemande l’a rediffusé en ce début août et le tient à disposition jusqu’à la fin du mois sur Arte.tv, sa chaîne de visionnage à la demande.

Sensationnalisme

Ce 25 juillet 2000 est revécu en détail, commenté par l’un des ingénieurs de la tour de contrôle de Roissy-Charles-de-Gaulle, en poste ce jour-là, par un pilote collègue de ceux qui ont disparu dans l’accident et par des témoins présents à l’hôtel sur lequel s’est abattu le supersonique, qui avait pris feu juste après le décollage.

A cela, qui était déjà connu, les auteurs ont cru bon non seulement d’inclure des images montrant l’hôtesse allemande qui travaillait pour Air France, morte lors de la catastrophe, mais aussi de faire pleurer son vieux père, face caméra. On entend aussi le témoignage de touristes embarqués sur le vol jumeau qui transportait, le matin de l’accident fatal, l’autre moitié du groupe.

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On comprend que le couple qui avait échangé son billet avec deux autres passagers, afin de voyager le matin et non l’après-midi, se dit encore aujourd’hui que le couperet fatal n’est pas passé loin. Mais quel intérêt cela a-t-il réellement ? Et que fait ce documentaire, proposé par la branche allemande d’Arte (en coproduction avec la ZDF), sur une chaîne dont on attend, même au creux de l’été, autre chose que du voyeurisme et du sensationnalisme ?

Le Concorde, la fin tragique du supersonique, documentaire d’Angela Volkner et Peter Bardehle (All.-Fr.-EU, 2020, 52 min). Disponible à la demande sur Arte.tv jusqu’au 27 août.