Le conservateur Jens Weidmann, président de la Bundesbank, démissionne

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, à Francfort (Allemagne), le 27 février 2019.

C’est une décision inattendue, et dont les conséquences sont potentiellement considérables pour la politique monétaire européenne. Jens Weidmann, le président de la banque centrale allemande (Bundesbank) a annoncé, mercredi 20 octobre, qu’il démissionnait à la fin de l’année 2021 pour raisons personnelles. Il dirige l’institution depuis 2011 et, à ce titre, siège au sein du conseil des gouverneurs de la banque centrale européenne (BCE), qui décide de l’orientation de la politique monétaire. Il est aussi la voix de la BCE en Allemagne. « Je suis convaincu qu’après plus de dix ans le temps est venu d’ouvrir un nouveau chapitre, pour la Bundesbank comme pour moi personnellement », a-t-il déclaré.

Cette démission, qui intervient en même temps que s’achève le long mandat d’Angela Merkel (2005-2021), marque la fin d’une ère. Jens Weidmann, 53 ans, docteur en économie de l’Université de Bonn, est un proche de la chancelière. En 2006, au début de son mandat, elle l’avait nommé à la tête du département de politique économique et financière de la chancellerie, jusqu’au printemps 2011, où il a pris la succession d’Axel Weber à la tête de la Bundesbank après la démission de ce dernier.

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Pendant son mandat, Jens Weidmann a eu la tâche délicate de défendre, au sein du conseil des gouverneurs, la conception traditionnellement « conservatrice » de la Bundesbank en matière de politique monétaire, qui repose sur l’idée qu’une banque centrale doit être indépendante, peu interventionniste et avant tout soucieuse de la stabilité des prix.

« Des effets durables »

Cette conception a été mise à rude épreuve par les crises exceptionnelles qui ont jalonné la décennie, où la banque centrale européenne a adopté des programmes de rachats de titres de dette pour soutenir les Etats en difficulté. Des instruments dits « non conventionnels », aux antipodes de la position classique allemande. Longtemps critique vis-à-vis de ces programmes, notamment pendant le mandat de Mario Draghi à la tête de la BCE, Jens Weidmann a récemment évolué, tout en restant plus attentif que d’autres gouverneurs à la question de l’inflation.

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« L’environnement dans lequel nous opérons a changé massivement, a-t-il précisé dans son communiqué mercredi matin. La crise financière, la crise de la dette souveraine et, plus récemment, la pandémie ont conduit à des décisions politiques et monétaires qui auront des effets durables. Il a toujours été important pour moi que la voix claire de la Bundesbank, axée sur la stabilité, reste bien audible. »

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