Le cours du bitcoin frôle toujours des sommets

Le cours du bitcoin franchira-t-il la barre des 70 000 dollars (60 425 euros) avant la fin de l’année ? « Face à l’engouement qu’il suscite et aux énormes flux d’acheteurs se ruant vers les actifs risqués, je ne serais pas étonné qu’il dépasse même les 80 000 dollars », ose prédire Nicolas Chéron, stratégiste marchés chez Zonebourse. Mercredi 3 novembre au matin, il évoluait autour de 63 000 dollars, pas très loin du sommet historique à 66 000 dollars, atteint le 20 octobre – alors qu’il ne dépassait guère les 15 000 dollars il y a un an. Les cours d’autres cryptomonnaies montent également dans son sillage, tel que celui de l’ethereum, qui a franchi un nouveau record, mardi 2 novembre, en dépassant les 4 500 dollars.

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C’est dire si en quelques années, ces e-monnaies, fonctionnant grâce à la blockchain, une technologie reposant sur la cryptographie de stockage et de transmission des informations, se sont installées dans le paysage financier. En particulier le bitcoin, la première d’entre elles, créé en 2008 par un mystérieux informaticien. Son émission n’est pas contrôlée par une banque centrale, comme l’euro ou le dollar, mais par un protocole informatique, conçu de façon à limiter le nombre final de bitcoins en circulation à 21 millions (18,8 millions aujourd’hui).

Cette rareté programmée, parfois comparée à celle d’une matière première comme l’or, explique en partie son succès. « Beaucoup des fonds cherchant à se protéger de l’inflation délaissent aujourd’hui l’or pour investir sur le bitcoin », explique M. Chéron. C’est d’ailleurs le grand argument de ses partisans de la première heure : ils voient en cette cryptodevise le placement idéal pour conserver de la valeur hors des monnaies contrôlées par les banques centrales, qu’ils estiment incapables de contrôler l’inflation.

Forte volatilité

Si le bitcoin traîne encore une réputation sulfureuse – il est la devise privilégiée pour les demandes de rançon lors de piratages informatiques –, il est aussi de plus en plus prisé par des fonds d’investissement traditionnels en quête de rendement. Cela, en partie car « de plus en plus de plates-formes d’échanges de cryptomonnaies choisissent d’être régulées officiellement », note Emilie Raffo, cofondatrice de ChainSecurity, une entreprise de cybersécurité, et autrice de l’ouvrage Le Futur des espèces (Dunod, 256 pages, 19,90 €), consacré aux cryptomonnaies.

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A l’exemple du géant Coinbase, la plus grande plate-forme américaine, qui ambitionne de bousculer les acteurs de la finance traditionnelle, dont les banques. Le 14 avril, elle a fait une entrée fracassante à Wall Street, avec une valorisation de 86 milliards de dollars. Le plus souvent, les investisseurs comme Goldman Sachs ou les fonds spéculatifs n’achètent néanmoins pas directement des bitcoins. Ils privilégient les produits financiers qui se sont développés autour, comme des contrats à terme, qui s’échangent au Chicago Mercantile Exchange, le très sérieux marché à terme américain.

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