« Le cours du fer est suspendu aux interrogations autour du géant de l’immobilier chinois Evergrande »

Du minerai de fer, au port de Qingdao, dans l’est de la Chine, en octobre 2019.

Matières premières. L’ombre d’Evergrande plane sur les marchés. Le géant de l’immobilier chinois vacille, et les investisseurs retiennent leur souffle. Tombera ? Tombera pas ? Le cours du fer est suspendu à cette interrogation. Entraîné dans un parcours digne des montagnes russes. Cœur fragile s’abstenir.

En mai, il s’enflammait, avec le retour sur scène, tambour battant, de l’économie chinoise, suivie de la reprise progressive d’activité des autres pays sortant peu à peu de la crise liée au Covid-19. La tonne de minerai de fer se négociait au plus haut, à 230 dollars (196 euros), sur le marché à terme de Singapour. Et décrochait un record historique.

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Mais, peu à peu, le feuilleton Evergrande a occupé les esprits. Les déboires financiers du groupe chinois ont donné du fil à retordre aux investisseurs, et le cours du minerai de fer a été laminé. Il a coulé comme emporté par le poids du béton. En effet, ce métal est très prisé des bâtisseurs. Résultat, la tonne de minerai fer a perdu près de 60 % de sa valeur depuis le pic de mai, passant sous la barre des 100 dollars, à près de 90 dollars. Un niveau qu’elle n’avait plus connu depuis mars 2020, lorsque l’ensemble des matières premières était jeté au tapis par la déflagration de la pandémie de Covid-19.

Rebond

Le prix du minerai de fer a également fondu après les décisions de Pékin de limiter la production d’acier, dont il est un composant-clé. Le gouvernement chinois tente ainsi de réduire les émissions de CO2 de ses activités industrielles les plus polluantes. Un effort accentué depuis juillet, alors que se profilent les Jeux olympiques d’hiver 2022. Le moment ou jamais d’être plus blanc que neige.

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Mais le fer a du ressort. Il a suffi d’une déclaration du président du géant Evergrande, appelant son groupe à « tout mettre en œuvre » pour honorer ses engagements, pour que la pression à la baisse s’allège. Mercredi 22 septembre, alors qu’un accord était annoncé avec des porteurs d’obligations, le cours du minerai bondissait de 15 %, repassant au-dessus de la cote des 100 dollars la tonne. Mais avec ses 260 milliards d’euros de dettes, l’édifice financier du promoteur immobilier reste fragile. Le château de cartes va-t-il s’écrouler ? Sur le marché du fer, il faut garder des nerfs d’acier…

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