Le Cracovie d’Olivier Schneider

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Publié le 01 juin 2021 à 18h00, mis à jour hier à 17h15

C’est la plus vaste place médiévale d’Europe, d’autant plus envoutante qu’elle héberge des monuments prestigieux : « La basilique Sainte-Marie et ses deux tours carrées et asymétriques, le beffroi, vestige d’un hôtel de ville démoli au XIXe siècle et, au centre de la place piétonne, la halle des drapiers de style Renaissance. » Olivier Schneider peut décrire, les yeux fermés, le Rynek, la place centrale de Cracovie, où il séjourne chaque été. L’ambiance y est également sonore : « Du haut de la basilique, depuis le Moyen Age, un musicien joue toutes les heures un air de clairon en direction des quatre points cardinaux. Jour et nuit, toute l’année, on sait que l’on est à Cracovie. »

Président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) qui rassemble 430 associations locales, Olivier Schneider est l’infatigable représentant du « lobby du vélo », comme il le dit lui-même. Qu’il tente de convaincre des parlementaires, qu’il honore les requêtes des médias, ou qu’il rédige, en pleine nuit, des notes destinées aux cabinets ministériels, le militant répète, sans le moindre signe de lassitude, la liste des multiples bienfaits du vélo.

Olivier Schneider, à Cracovie, en 2017.

Ce jour-là, entre un rendez-vous avec Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, et une réunion dans le bureau de la ministre des sports, Roxana Maracineanu, il met sur pause sa journée trépidante pour parler de Cracovie. « Avec ma femme, qui est d’origine polonaise, c’est notre ville préférée. Dès que nous le pouvons, nous y passons quelque temps », raconte-t-il.

La ville est pour lui un refuge, une madeleine. Enfant, il croyait, comme tous les élèves scolarisés en Pologne, à la légende du dragon tapi dans la grotte Smocza Jama, au pied du Wawel, le château où résidèrent les rois polonais jusqu’au XVIe siècle. Les souvenirs affluent. « Les montagnards, les jours de marché, descendaient des villages des monts Tatras pour vendre des peaux de mouton, des chaussons, des sculptures en bois et puis l’oscypek, un fromage fumé de brebis décoré de motifs abstraits. Ils avaient un accent qu’on n’entendait pas ailleurs », se souvient-il.

Né à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) d’un père français et d’une mère polonaise, Olivier Schneider a passé une partie de son enfance à Wroclaw, où son père officiait comme attaché culturel. « A Cracovie se trouvent le consulat, le service des passeports, le bureau de vote des expatriés. Nous y allions souvent. Dès que je pouvais, je louais un vélo pour me promener en ville », se remémore aujourd’hui le président de la FUB.

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