Le CSA met en garde CNews contre « l’absence de diversité des points de vue exprimés » dans deux émissions de Pascal Praud

Pascal Praud sur le plateau de « L’Heure des pros ».

Cet été, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a adressé une mise en garde à CNews, pointant « l’absence de diversité des points de vue exprimés » dans l’émission de Pascal Praud au sujet d’une tribune de militaires controversée, selon une décision publiée vendredi 27 août.

Alerté par des téléspectateurs, le régulateur de l’audiovisuel s’est penché sur une séquence de « L’Heure des pros » diffusée le 26 avril, quelques jours après la publication dans Valeurs actuelles d’un texte contre « le délitement » de la France signé, selon l’hebdomadaire, par « plus d’un millier » de militaires, dont une « vingtaine de généraux ».

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Le présentateur-phare de CNews, Pascal Praud, avait consacré son édito à cette tribune, à l’origine d’une vive polémique dans la classe politique, avant de donner la parole à son instigateur, l’ancien officier Jean-Pierre Fabre-Bernadac. Entouré en plateau de l’ancien cadre du Rassemblement national (RN) Jean Messiha, du publicitaire Jacques Séguéla, de la fondatrice et directrice de la rédaction du magazine Causeur, Elisabeth Lévy, et du secrétaire national adjoint du Syndicat indépendant des commissaires de police, Matthieu Valet, Pascal Praud avait également fait réagir l’eurodéputé RN Gilbert Collard.

« Compte tenu du caractère controversé des propos tenus par l’auteur de la tribune débattue, le conseil a estimé que l’absence de diversité des points de vue exprimés par les participants en plateau contrevenait à [l’obligation d’expression de points de vue divers] », a-t-il expliqué. Les chaînes doivent en effet veiller « au respect d’une présentation honnête des questions prêtant à controverse, en particulier en assurant l’expression des différents points de vue par les journalistes, présentateurs, animateurs ou collaborateurs d’antenne ».

Le CSA poursuit, dans sa décision, en expliquant que son « constat [a été] conforté » par une nouvelle évocation de la tribune le 3 mai « par les mêmes intervenants [hormis Matthieu Valet] et en des termes comparables ».

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D’autres rappels à l’ordre

Ce n’est pas la première fois que la chaîne d’information du groupe Canal+, contrôlé par le milliardaire Vincent Bolloré, est rappelée à l’ordre par le CSA.

Outre une autre mise en garde pour publicité clandestine, CNews avait ainsi été mis en demeure en juin, un avertissement plus sévère, pour manquement à son obligation de pluralisme, en ayant trop donné la parole au candidat du RN en lice pour les élections régionales en Ile-de-France.

En mars, le CSA a infligé à la chaîne une amende de 200 000 euros pour « incitation à la haine » et « à la violence » après des propos, en 2020, de son chroniqueur Eric Zemmour sur les migrants mineurs isolés.

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Le Monde avec AFP