Le défi écologique du pétrolier norvégien Equinor

Le PDG du géant pétrolier norvégien Equinor, Anders Opedal, à Baerum, dans la banlieue d’Oslo, le 10 août 2020.

Tout le monde ou presque semble d’accord : il est nécessaire de réduire de manière draconienne la consommation d’énergies fossiles pour limiter le réchauffement climatique. Mais est-ce aux compagnies et pays producteurs de fermer le robinet ? Ou faut-il laisser faire le marché et attendre que la demande diminue, tout en continuant à nourrir la bête ?

Avant les élections législatives du lundi 13 septembre, ces questions ont dominé la campagne en Norvège, où le secteur des hydrocarbures représente à lui seul 14 % du produit intérieur brut, 20 % des exportations et 160 000 emplois. Mais peu importent les résultats du scrutin : le sevrage n’est pas pour demain.

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Illustration à Stavanger, la capitale du pétrole, sur la côte ouest, berceau d’Equinor, né Statoil en 1972 et contrôlé à 67 % par l’Etat norvégien. Le 15 juin, Anders Opedal, PDG du géant pétrolier, a présenté la nouvelle stratégie du groupe, axée sur la diversification et la décarbonation de la production. « C’est un équilibre. Nous continuons à faire ce que nous faisons, en réduisant l’impact carbone, afin de dégager suffisamment de capital pour financer la transition énergétique », résume le Francais Philippe Mathieu, directeur de la stratégie.

Priorité à l’éolien

D’un côté, le géant norvégien prévoit de consacrer 50 % de ses investissements aux énergies renouvelables et solutions bas carbone d’ici à 2030. De l’autre, Equinor veut réduire de 40 % l’intensité en CO2 de sa production d’ici à 2035, pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Actuellement, 5 % des investissements de l’entreprise sont consacrés aux nouvelles énergies. Il va donc falloir donner un sérieux coup d’accélérateur : « Cela va se faire graduellement, et nous allons nous appuyer sur nos compétences dans l’offshore pétrolier », explique M. Mathieu.

La priorité est donnée à l’éolien, avec une capacité nette de 12 à 16 gigawatts d’ici à 2030, dont deux tiers dans l’offshore. Equinor a déjà investi dans plusieurs gros projets, notamment au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Le norvégien envisage aussi de s’attaquer à l’éolien flottant, dans le cadre du partenariat Océole en France, annoncé en juillet, avec Renewable Energy Systems et le cabinet de conseil Green Giraffe.

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Autre secteur convoité : l’hydrogène « bleu », produit à partir de gaz naturel. « Nous avons le gaz, les infrastructures, les clients et les relations avec les industriels, en Europe et au Royaume-Uni », précise Philippe Mathieu. Quant aux émissions de CO2 issues de la fabrication de l’hydrogène, Equinor prévoit de les emprisonner sous terre.

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