Le design de pièce en pièce

Bronze de Sylvie Mangaud, toile de Claire de Chavagnac Brugnon et table basse de Cécile Laffonta, Galérie Amélie du Chalard rive gauche.

Et si les showrooms et autres boutiques avec leur enfilade triste de meubles n’étaient plus tendance. Désormais, on aime présenter le design de manière intimiste, en situation dans des lieux de prestige, de quoi rappeler que mobilier et immobilier vont de pair…

L’une des pionnières en la matière, Nadia Candet, fondatrice de Private Choice, ouvre cet automne, à une semaine de la FIAC à Paris, les portes de deux appartements d’un immeuble haussmannien, avenue Franklin-D.-Roosevelt, qu’elle a redécorés avec les œuvres de soixante-six créateurs internationaux, le fruit d’une exploration de la scène artistique contemporaine, tout au long de l’année écoulée. Le visiteur déambule d’une pièce à l’autre, guidé par les effluves de bougies Diptyque, dans des ambiances à chaque fois différentes. A la découverte des luminaires de Mydriaz ou de ce banc en laiton poli et acier de Gaspard Graulich.

Ce printemps, le Mobilier national s’amusait à meubler dans un style moderniste la villa Savoye, dessinée par Le Corbusier, à Poissy (Yvelines), en 1928. Un vrai exercice de style, puisque les propriétaires Pierre et Eugénie Savoye – assez audacieux pour choisir l’architecte le plus influant de leur époque – vivaient quant à eux dans des meubles de facture classique.

Sous un miroir de Murano

C’est à sa guise aussi que la curatrice Marion Vignal a investi la villa L’Ange volant, signée, en 1927, de l’architecte Gio Ponti, à Garches (Hauts-de-Seine). Elle y a posé pendant dix jours les meubles qu’elle affectionne, de la chaise SuperLeggera de l’architecte designer italien, qu’elle confronte avec son opposé, la chaise Super Pesante (2016) en bronze de Marion Mailaender, sous un miroir de Murano commandé spécialement à Sophie Dries. Le guide olfactif est ici signé Barnabé Fillion, avec un design sonore de Bang & Olufsen, tandis que des œuvres outdoor de Mathias Kiss et Franklin Azzi attendent le flâneur esthète dans les jardins.

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Amélie du Chalard en est, elle, à son quatrième lieu dans Paris. Deux galeries où elle mêle art et design contemporain réunissant de jeunes talents de tous bords, 9 rue Clauzel, dans le 9e arrondissement, puis dans le 6e, rue Séguier, à Paris. Et deux « maisons de collectionneurs » baptisées « Ambroise », l’une rue de Martignac (Paris 7e) et l’autre rue de Montmorency, dans le très chic quartier du Marais. Tout y est à vendre. Mais, ici, on peut aussi louer l’espace, y dormir, y recevoir. « C’est important que les collectionneurs puissent s’imprégner de l’ambiance, entourés de beau, mélange d’œuvres contemporaines et de pièces chinées », souligne Amélie du Chalard. Une nouvelle expérience in vivo du design…

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