Le designer Ora-ïto, des îles du Frioul à Odysseo en passant par Macron

Ora-ïto, à Paris, en novembre 2019.

Entremetteur politique

Le designer français Ora-ïto a servi d’intermédiaire entre Emmanuel Macron et l’artiste Daniel Buren, qui vient de réaliser, pour la verrière de l’Elysée, une œuvre aux couleurs du drapeau français, dévoilée le 13 septembre. « On a tous les deux le même âge », botte en touche Ora-ïto lorsqu’on l’interroge sur sa complicité avec le ­président de la République. Quand les deux hommes, nés en 1977, se rencontrent, Emmanuel Macron est encore le ministre de l’économie de François Hollande. Le designer suit de près ou de loin son ascension. Son fauteuil de bureau Eva sert d’assise au débat télévisé opposant le candidat d’En marche ! et Marine le Pen en 2017. Dans son bureau présidentiel, Emmanuel Macron installe deux sièges du designer, modèle Ico, édités par Cassina.

Agent écologique

Natif de Marseille, Ora-ïto a longtemps rêvé de créer une « Villa Médicis de l’écologie » sur les îles du Frioul, où il a acheté il y a dix ans le fort de Brégantin. Son projet est désormais intégré à l’opération Odysseo, annoncée le 1er septembre par le président de la République lors de son déplacement à Marseille. Ce « lieu d’éducation et de sensibilisation dédié à la protection de l’environnement méditerranéen », sera piloté par le designer, l’ancienne ministre de la culture Françoise Nyssen et Cyprien Fonvielle, ancien directeur du Mémorial du camp des Milles. Il devrait regrouper, d’ici à 2026, un musée interactif, un centre de recherche ainsi qu’un campus de formation aux métiers de la transition écologique.

Designer éclectique

Aussi perché que survolté, Ora-ïto est un agitateur-né. A 19 ans, le fils du joaillier français Pascal Morabito pirate les logos de grandes marques et imagine des objets virtuels en 3D. Le buzz est planétaire. Il abrège alors ses études de design pour créer son label et multiplie les succès. Son concept ? La « simplexité », des lignes simples et précises qui se font oublier.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le vélo, nouvel objet du désir

En 2002, sa bouteille en aluminium dessinée pour Heineken remporte l’Oscar du meilleur design. En 2020, il fait un tabac avec son vélo électrique Angell créé en association avec l’entrepreneur Marc Simoncini. Le carnet de commandes a déjà explosé.

Entrepreneur artistique

En 2013, Ora-ïto achète une partie du toit-terrasse de la Cité radieuse, ce bâtiment de logements sociaux conçu entre 1947 et 1952 par Le Corbusier dans la cité phocéenne.

Lire aussi Ora-ïto et Buren inventent l’hôtel pour « bandes organisées »

Au dernier étage de la « Maison du Fada », l’enfant terrible du design installe un centre d’art, le MAMO (Marseille Modulor), clin d’œil au prestigieux MoMA. Chaque année, un artiste est invité à occuper les lieux : Xavier Veilhan, Daniel Buren et, l’été dernier, le street-artist Zevs.