Le difficile retour à une vie culturelle normale

Journée déconfinement du 19 mai ouverture cinéma Arvor salle art et essai Rennes 19 mai 2021

C’est l’étude que tous les professionnels de la culture attendaient. Mais elle ne va pas les rasséréner. Mercredi 27 octobre, Roselyne Bachelot devait dévoiler les résultats d’une enquête commandée par le gouvernement sur le comportement des Français en matière de sorties culturelles, dix-huit mois après le début de la crise sanitaire liée au Covid-19. Ses conclusions, que Le Monde a pu consulter, sont édifiantes : près d’un Français sur deux ne s’est pas rendu dans un lieu culturel depuis l’instauration du passe sanitaire le 21 juillet, alors qu’il étaient 88% à le faire avant l’épidémie, et près d’un tiers assurent qu’ils fréquenteront désormais moins les lieux culturels.

Cette étude, réalisée début septembre par l’institut Harris Interactive, apporte pour la première fois une vue d’ensemble sur les sorties culturelles post-crise, au-delà des chiffres de fréquentation brandis par les uns et les autres. Depuis le 21 juillet, seulement 51 % des personnes allant au cinéma habituellement au moins une fois par an, sont retournés en salle. Pis, à peine plus d’un tiers (40 %) des familiers des musées ont repris le chemin des expositions, quand ceux des monuments historiques l’ont fait à 45 %.

Mais l’hémorragie est surtout palpable dans le spectacle vivant. Ainsi, seulement 27 % des amateurs de musique disent avoir assisté à un concert depuis la mise en place du passe sanitaire, tandis que les amoureux des planches n’ont été que 25 % à retourner au théâtre. Les chiffres sont à peine plus élevés pour la danse (31 %) et le cirque (28 %). De la même façon, près des trois quarts des Français qui se rendaient à un festival au cours d’une année normale n’y sont pas retournés cet été.

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Du mal à trouver un public

Ces chiffres, même s’ils proviennent d’un sondage réalisé début septembre et peuvent avoir déjà évolué, viennent appuyer le sentiment ressenti par les professionnels depuis la rentrée. Si un certain nombre de Français ont retrouvé le chemin des théâtres, des cinémas ou des musées, on est encore loin des niveaux de fréquentation d’avant l’épidémie. « Cette étude confirme en tout point ce que l’on vit, estime Pierre-Yves Lenoir, codirecteur du Théâtre des Célestins, à Lyon. Depuis la rentrée, on a perdu 40 % du public, sur les abonnements comme sur la billetterie. Pour un théâtre municipal comme le nôtre, avec 25 % de ressources propres, les conséquences sont importantes : si cette baisse se confirme, cela représentera 800 000 euros en moins dans le budget de la saison. »

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