Le festival Paris l’été affiche une programmation ambitieuse

Des danseurs présentent « HAPPY », du chorégraphe Fouad Boussouf, dans le cadre du festival Paris l’été, au Musée du Louvre, le 12 juillet 2021.

La Pyramide du Louvre comme ciel de verre d’une salle de spectacle éphémère. Ce phénomène a auréolé de magie douce la performance HAPPY, de Fouad Boussouf, qui ouvrait les 12 et 13 juillet le festival Paris l’été, piloté par Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel. Un lino de danse est déroulé au ras du sol, juste en dessous de l’architecture conçue par Ieoh Ming Pei (1917-2019), offrant un dégagement superbe au regard du spectateur, qui virevolte des danseurs aux nuages.

Lire aussi la critique (2019) : Festival d’Avignon : avec « Näss », la danse passe de la transe à l’extase

Avec HAPPY, qui sonne comme le sésame de cette nouvelle édition de la manifestation parisienne, Fouad Boussouf a imaginé un rendez-vous en deux temps. Le premier est un parcours dans les galeries du Louvre, le second est consacré à la danse. Toute l’aile Denon a été spécialement ouverte en soirée pour les trois cents spectateurs. Plaisir de se retrouver à déambuler tranquillement dans les salles majestueuses pour y voir et y revoir La Joconde, évidemment, mais aussi Atala au tombeau, de Girodet, ou encore quelques-unes des toiles qui ont inspiré le chorégraphe dans l’élaboration de sa création : Le Radeau de “La Méduse”, de Géricault, Scène des massacres de Scio, de Delacroix, et Jupiter, roi des dieux romains, punissant les Vices, de Véronèse, font partie de la genèse de HAPPY.

Vocation pluridisciplinaire

Avec en scène seize danseurs ainsi que le chanteur Abdullah Miniawy, c’est le thème de la communauté, qu’elle soit joyeuse ou en péril, qui est au cœur du mouvement. Fouad Boussouf, qui vient d’être nommé directeur du Centre chorégraphique national du Havre, joue à l’accordéon avec la masse des interprètes, les lançant à l’assaut de vagues imaginaires ou les compactant dans un nœud serré. Cette vibration profonde, sur l’électro de Blaise Merlin, signe chaleureusement le lancement de Paris l’été. « On y a cru, on n’a pas voulu lâcher prise, et on a tout fait pour que ça se passe au mieux, s’exclame Laurence de Magalhaes. On a imaginé un gros festival, avec évidemment des annulations, comme celle du chorégraphe israélien Ohad Naharin, mais aussi des reports de spectacles prévus l’an dernier. On a aussi été à l’écoute des artistes dont les pièces n’avaient pas vu le jour, comme par exemple celles de Bartabas et de Johann Le Guillerm. »

Cet esprit fonceur et positif irrigue la programmation, qui affirme plus que jamais sa vocation pluridisciplinaire. Distribué dans vingt-quatre lieux de Paris et d’Ile-de-France, avec toujours le lycée Jacques-Decour en point de ralliement, le festival fait état de trente productions et de cent six représentations. L’affiche théâtrale distingue Seras-tu là ?, de Solal Bouloudnine, ayant pour thème la mort de Michel Berger, mais aussi Pinocchio (Live) #2, d’Alice Laloy, qui vient de faire un tabac à Avignon. La danse s’annonce électriquement sensuelle, avec Olivier Dubois et l’Israélienne Sharon Eyal. Les installations se multiplient, dont Eden, des metteurs en scène Cyril Teste et Hugo Arcier, et Vu des étoiles, du plasticien Fabien Chalon.

Il vous reste 29.07% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.