Le festival Peacock Society a retrouvé son public

Nina Kraviz et SPFDJ s’enlacent sur la scène Mirror au festival Peacock Society, le 4 septembre 2021, dans le parc de Choisy Paris-Val-de-Marne.

Habituellement juillettiste, nocturne et essentiellement sous abri (au Parc floral de Paris), Peacock Society ne devrait pas regretter sa transformation forcée en festival largement diurne (de midi à minuit) organisé en plein air, samedi 4 et dimanche 5 septembre, dans le parc de Choisy Paris-Val-de-Marne. Annulée en 2020, reportée à la fin de l’été 2021, la huitième édition de cet événement électro n’a pas eu à essuyer les plâtres des premiers rassemblements estivaux du genre, encore contraints par des jauges et des règles sanitaires à géométrie trop variable pour être lisible.

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En ce mois de septembre, qui est aussi celui de la Techno Parade (samedi 18 septembre), les festivals de musiques électroniques (Elektric Park, à Chatou ; Dream Nation, à Paris ; Panoramas, à Morlaix…) fédèrent un public avide de communier sans entraves. Samedi 4 septembre, dès l’heure du déjeuner, le RER D déversait ainsi un flot continu de danseurs en tenues estivales vers les 60 000 m² de ce parc de loisirs sportifs magnifiquement arboré, bordé d’une base nautique. La vérification des passes sanitaires n’a en rien ralenti l’entrée au festival et seule une petite cinquantaine de tests a été pratiquée sur place ce jour-là.

On redécouvre à quel point la douceur bucolique peut faire bon ménage avec la modernité robotique

Foulant un gazon préservé par un été pluvieux, on redécouvre à quel point la douceur bucolique peut faire bon ménage avec la modernité robotique. Après avoir passé la très house scène Solar, plantée tel un astre dont les rayons entourent le plus large plateau de l’événement, on peut rejoindre la rudesse techno de la scène Mirror, à l’autre extrémité du site, en flânant au rythme d’autres esthétiques. Dans un creux de verdure, posé en bord de lac, la paillote Chaman accueille ce soir-là les invités du collectif marseillais de la Famille Maraboutage, se déhanchant de préférence aux sons de fusions afro-caribéennes.

Sous la tente de la scène Nomad, le label parisien Cracki Records fête ses 10 ans en programmant des sets aussi créatifs et variés que son catalogue, quand, un peu plus haut, dans le renfoncement d’une petite clairière, un crew de DJ d’Asnières (Hauts-de-Seine), Good Dirty Sound, s’est vu confier un plateau rap (Frenetik, 26Keuss, Cinco…) prouvant les accointances renforcées entre hip-hop et expériences électroniques.

Défoulements corporels

Les artefacts décoratifs n’ont visiblement pas fait exploser le budget du Peacock 2021, mais la nature, douillettement dessinée par les paysagistes, se suffisait largement à elle-même. Dommage, par contre, qu’un nombre très limité de food trucks ait provoqué d’interminables attentes pour les affamés. Entre rêveries sylvestres et défoulements corporels, essentiellement provoqués par la riche variété de la scène française, le public n’a pourtant pas boudé son plaisir. Pas plus que des artistes retrouvant avec appétit le « monde d’avant », ou presque.

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