Le gîte et le couvert : dans le Perche, la possibilité D’une île

L’auberge D'une île, dans le Perche.

Adorer un lieu, c’est aussi savoir s’en passer. Le souvenir laissé par D’une île lors d’une première visite, en 2018, était inoxydable. Le dîner au coucher du soleil, le trampoline avec les enfants, les conversations sous le noyer, la partie de Scrabble et le feu de camp une fois la nuit tombée… Impossible de réitérer l’exploit exactement, même si le talent des équipes de Septime, à la tête de cette auberge, n’est plus à démontrer.

Alors pour être sûr que le scénario sera différent, après trois ans, on arrive à l’improviste. Si une chambre est libre, ça sera tant mieux, sinon, on dîne et on s’en ira dormir ailleurs. Débarquer de manière impromptue est l’unique façon de rester une seule nuit à D’une île, car les réservations sont pour deux nuitées minimum.

Voilà. L’arrivée à l’auberge ressemble à la première fois, quelques chats en plus. Nous sommes un mardi, hors saison, il reste la petite suite, juste au-dessus du restaurant. Elle n’a pas le calme des autres chambres du hameau, mais elle fera l’affaire. Pour le dîner, ça ira aussi, à un dessert près.

Une fabrique à souvenirs

Après une promenade vers le potager, s’installer à l’ombre du prunier est une aubaine. A 20 heures, le soleil tape encore sur la terrasse de graviers. Une infusion froide de mélisse, romarin et sauge désaltère avec assiduité. Les esprits s’apaisent. Les voix s’adoucissent. Elles s’arrondissent même, une fois que le lapin frit est servi.

La salle à manger de l’auberge.

Des morceaux de râble et de cuisse sont en beignets, tels des nuggets campagnards. Une sauce dite ranch les accompagne. Mélange de mayonnaise et de crème crue, assortie de livèche et de menthe, elle rafraîchit la viande. Quelques navets crus coupés en quartiers croquent dans une explosion d’amertume « gazonnée » qui rappelle le goût de leurs fanes.

Plus tard, un tartare de bœuf est posé sur la table. Assaisonné d’une mayonnaise fumée et d’orge grillé, il a le bon goût d’être accompagné de bourgeons d’épicéa en pickles. Les grains d’orge percutent le fumé de la mayo avant de rebondir sur la sève aigre-douce de l’épicéa. La viande devient le terrain de jeu de saveurs qui ne la concernent presque pas, un peu comme la table d’un flipper qui n’a aucune prise sur la boule. C’est déconcertant, très nourrissant.

Le végétal se fait attendre. Il arrive sous forme de tarte tatin à l’oignon, en clin d’œil au classique de la maison : la tatin au fenouil. Cette conclusion chaleureuse a permis de retrouver l’ombre de nos habitudes. Avec une variante, néanmoins. Au soleil couchant, nous n’irons pas près du feu de camp, mais dans le sauna qui domine le domaine, avec vue vers l’Ouest. Ce lieu est une véritable fabrique à souvenirs.

L’adresse D’une île, domaine de L’Aunay, lieu-dit L’Aunay, Rémalard (Orne). Tél. : 02-33-83-01-47. Ouvert tous les jours.

L’addition Autour de 300 € la nuit pour deux personnes.

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