Le gouvernement cherche la parade face à la hausse des prix du carburant

En politique, il est des sujets dits « nitroglycérines ». Celui de la flambée des prix de l’essence et du gazole est de ceux-là. A six mois de l’élection présidentielle, l’exécutif n’a pas manqué d’observer que le coût du carburant avait désormais dépassé le seuil qui avait nourri, en 2018, la révolte des « gilets jaunes ». Assez pour qu’Emmanuel Macron batte le rappel de ses troupes pour lancer des contre-feux au plus vite.

« Il y aura une action de court terme, d’accompagnement des ménages. Le gouvernement y travaille et aura dans les prochains jours à compléter sa réponse en fonction de l’évolution pour ne laisser personne dans le désarroi », a assuré le président de la République jeudi 14 octobre en marge d’un déplacement consacré au sport à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). La hausse des prix de l’énergie est « un problème » qui « touche tous nos compatriotes, parfois encore plus nos compatriotes les plus modestes (…), celles et ceux qui ont des déplacements contraints et qui sont donc obligés de faire le plein chaque jour », a insisté Emmanuel Macron, disant ne pas « mésestimer ce que ça représente sur le budget de nos compatriotes ».

Après avoir annoncé le blocage des tarifs réglementés du gaz pour faire face à la flambée des cours et les aides accordées aux ménages les plus modestes par le biais de l’abondement de 100 euros du « chèque énergie », le premier ministre Jean Castex est donc sommé de trouver une solution pour s’attaquer, aussi, à l’envolée des prix de l’essence et préserver le pouvoir d’achat des Français.

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Laquelle ? Les oppositions à gauche comme à droite ont leur idée. « Alors que le prix du gazole bat des records, rappelons que 60 % du prix de l’essence ce sont des taxes : l’Etat peut agir ! », a plaidé la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle, Marine Le Pen. « Je propose de faire une taxe flottante sur l’essence comme ça a pu être fait à l’époque par le gouvernement Jospin, [ce qui] permet de faire baisser les taxes quand le prix du baril monte pour que ça ne pèse pas sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens », a aussi suggéré Fabien Roussel, également candidat à la présidentielle pour le Parti communiste (PCF) sur CNews. « Il faut que le gouvernement bloque les prix sans demander aux distributeurs. Il faut dire stop ! », a pour sa part réclamé Alexis Corbière, le député de Seine-Saint-Denis et porte-parole du candidat de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, sur Franceinfo jeudi.

Eviter de cibler trop large

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