« Le gouvernement refuse toujours de prendre de vraies mesures pour réduire le trafic aérien face à l’urgence climatique »

Tribune. La construction du premier avion bas carbone est « tout à fait faisable » à l’horizon 2030 : c’est ce qu’a décrété Emmanuel Macron lors de la présentation de son plan d’investissement France 2030. Il l’a lui-même reconnu juste après, cette déclaration va à l’encontre des dires « des meilleurs experts » qui ne voient pas cela possible avant 2035. Pas de quoi rassurer les militantes et militants du climat, bien au contraire.

Le président et son gouvernement semblent prêts à tout pour présenter l’avion vert comme la solution miracle au problème climatique du secteur aérien. Mais la solution miracle n’existe pas. Car pendant que la recherche avance, le trafic aérien, lui, continue d’augmenter. Selon l’Association du transport aérien international (IATA), il devrait encore doubler d’ici à 2037.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Aviation : des petites économies de carburant… en attendant l’hydrogène

L’avion vert, cet avion neutre en carbone qui fait tant rêver le gouvernement, ne pourra pas absorber le volume ni la croissance du trafic aérien qu’on connaissait avant la crise sanitaire, quelle que soit la technologie envisagée. Et il ne pourra pas être déployé à grande échelle dans un délai court.

La réduction du trafic aérien est indispensable

Or, l’urgence climatique n’attend pas ; c’est dès maintenant qu’il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport aérien. Le problème ne se réglera pas à coups de promesses bancales et sans fondement et, surtout, sans régulation contraignante et transformationnelle du secteur.

La réduction du trafic aérien est indispensable pour le climat et il faut l’organiser dès maintenant, en anticipant notamment les conséquences sociales de la transformation du secteur, avec les travailleuses et travailleurs concernés.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés La sous-traitance aéronautique partagée entre prudence et espoir

Déjà en mars 2021, des activistes de Greenpeace France sonnaient l’alarme face au greenwashing et à l’irresponsabilité climatique du gouvernement, en repeignant en vert un avion garé sur le tarmac de l’aéroport de Roissy. A quelques jours de l’examen du projet de loi Climat à l’Assemblée nationale, ils dénonçaient le refus du gouvernement de prendre de vraies mesures pour réduire le trafic aérien face à l’urgence climatique, et son choix de tout miser sur la promesse d’un avion vert.

Pas de remise en cause des projets aéroportuaires

Ces activistes seront en procès ce jeudi 4 novembre au tribunal de Bobigny, alors même que, de son côté, le gouvernement vient d’être condamné par le tribunal administratif de Paris pour son inaction climatique dans le cadre de l’Affaire du Siècle, recours soutenu par plus de deux millions de personnes.

Il vous reste 60.51% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.