Le gouvernement scrute la rentrée sociale

Des employés en grève pour protester contre la fermeture de la fonderie MBF à Saint-Claude (Jura), le 10 juin 2021.

Comme le lait sur le feu. En cette rentrée qui se présente sous un jour plutôt favorable tant sur le plan sanitaire que sur celui de l’économie, Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, admet qu’il surveille les prix d’aussi près que le taux d’incidence du virus. Tout particulièrement ceux de l’essence à la pompe et du gaz, qui ont grimpé pendant l’été à la faveur des tensions sur les marchés mondiaux, et commencent à peser plus lourd dans le budget des ménages.

Car en France, comme un peu partout en Europe et aux Etats-Unis, les prix repartent à la hausse à mesure que la vaccination progresse, que la consommation repart et que la reprise s’installe. En août, ils ont progressé de 1,9 % sur un an dans l’Hexagone, selon les données provisoires de l’Insee – une accélération inédite depuis près de trois ans, largement tirée par la flambée des prix de l’énergie. « C’est un vrai sujet », a admis Bruno Le Maire devant des journalistes, mardi 31 août, ajoutant n’avoir « pas d’inquiétude particulière » au sujet de l’inflation mais être « vigilant ».

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Alors que le premier ministre, Jean Castex, reçoit à partir de mercredi et jusqu’à la fin de la semaine les partenaires sociaux à Matignon, l’exécutif et sa majorité surveillent de près tout ce qui pourrait engendrer des crispations dans l’opinion, à quelques mois du scrutin présidentiel de 2022.

Un séminaire gouvernemental prévu le 8 septembre doit d’ailleurs être l’occasion d’examiner, entre autres, les risques qui pèsent sur l’action de l’exécutif dans les derniers mois du quinquennat, et de mettre en garde contre tout faux pas susceptible de venir troubler la fin de mandat. A l’image de la volte-face sur le contrôle technique des deux-roues, instauré puis immédiatement suspendu par Emmanuel Macron, à la mi-août. « Il ne faut pas, à un moment où nos concitoyens ont déjà beaucoup de contraintes, leur en rajouter », avait expliqué le chef de l’Etat, le 17 août, en marge de la cérémonie d’anniversaire de la libération de Bormes-les-Mimosas (Var).

« Sujet piège »

Même si la mobilisation contre le passe sanitaire a faibli en attendant les manifestations du 4 septembre et que la reprise économique se présente sous les meilleurs auspices, avec des chiffres bien meilleurs que prévu au deuxième trimestre tant du côté du chômage, revenu à son niveau d’avant crise (8 % de la population active), que de la croissance, revue à la hausse mardi par l’Insee (1,1 %), l’exécutif garde un œil sur tout ce qui pourrait cristalliser les mécontentements.

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