« Le Grand Paris est particulièrement vulnérable à la crise climatique »

Tribune. La Métropole du Grand Paris (MGP) travaille actuellement sur un schéma de cohérence territoriale (SCoT) qui devra, sur la question climatique, tracer des lignes suffisamment claires et fortes pour rattraper le retard pris et limiter les risques au maximum. L’avenir de la métropole en dépend.

En premier lieu, il faut sanctuariser et développer les terres agricoles et forestières. Ces terres représentent un atout majeur pour assurer notre résilience, rafraîchir notre territoire et améliorer l’alimentation et la qualité de vie. Or, elles fondent comme neige au soleil. Entre 1982 et 2017 la Métropole a perdu plus de la moitié de ses terres agricoles.

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Chaque commune, prise séparément, est d’accord pour les préserver mais a toujours une bonne raison pour faire des exceptions. Ainsi, de demi-parcelle en demi-parcelle, notre territoire s’ampute progressivement de ses organes vitaux. Il faut y mettre fin, sans exception.

De la responsabilité des collectivités

Ensuite, le sol de la métropole doit être massivement désartificialisé pour que l’eau puisse s’écouler, éviter les inondations. La présence de la nature doit être développée et sanctuarisée en ville. Pour répondre aux impérieux besoins de logements sociaux, il faut réinvestir les parcelles en friche ou déjà construites, soit en transformant les bâtis existants soit en proposant des formes de constructions plus légères qui préservent la pleine terre.

C’est pourquoi, en ville, nous proposons 30 % de pleine terre minimum par quartier et une compensation de 2m² de pleine terre pour 1m² artificialisé à l’échelle du territoire. Enfin, les populations doivent impérativement être préservées des crues. Aussi, dans les zones inondables, par débordement ou remontée de nappe, les constructions nouvelles doivent être absolument évitées et ces zones préservées.

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Ces inondations seront de plus en plus fréquentes, intenses et violentes dans le temps. Il appartient à la Métropole, qui en a la compétence, d’assurer la sécurité des populations. La jurisprudence climatique se renforce, ainsi que la responsabilité des collectivités et de leurs élues et élus.

Une forte densité avec des îlots de chaleur urbains

Quelle métropole voulons-nous ? Si nous continuons l’aménagement et l’urbanisme des dernières décennies nous irons dans le mur. Nul besoin de décrire longuement la situation climatique. Cette année elle a sauté aux yeux : les méga-feux qui ont ravagé la Californie, la Sibérie ou la Grèce ; le dôme de chaleur de 50 °C qui a frappé le Canada ; les inondations qui ont englouti des terres entières en Belgique comme en Allemagne et celles de la fin de l’été à Marseille.

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