Le groupe Saint-Gobain profite des plans de relance et de la transition écologique

Il n’y a pas eu de coup de théâtre à la tête de Saint-Gobain. Président-directeur général depuis 2010, Pierre-André de Chalendar passe les rênes de la direction générale à Benoit Bazin, le 1er juillet, tout en conservant la présidence non exécutive du leader mondial des matériaux de construction et des vitrages. Après la transition chaotique de 2005-2007, durant laquelle le PDG Jean-Louis Beffa avait rejeté in extremis un dauphin désigné de longue date, Christian Streiff, au profit de M. de Chalendar, la tradition du passage de témoin en douceur au sein de la lointaine héritière de la Manufacture royale des glaces, créée par Jean-Baptiste Colbert en 1665, a été respectée.

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Repéré de longue date par M. Beffa, adoubé par son successeur, M. Bazin hérite, à 52 ans, d’une entreprise qui, assure-t-il, « ne s’est jamais portée aussi bien ». Il a largement contribué à cet « héritage ». Entré chez Saint-Gobain en 1999 comme directeur stratégie de la branche « abrasifs », le polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, titulaire d’un master of science du Massachusetts Institute of Technology, en a fait le tour, depuis l’expatriation aux Etats-Unis puis la direction financière, jusqu’à la responsabilité du pôle distribution, et celle des produits pour la construction.

Au début de 2019, il est nommé directeur général délégué. Et, de fait, dauphin de M. de Chalendar. Cet ingénieur passionné d’industrie, qui se dit « inspiré par des hommes comme Louis Gallois, Bertrand Collomb ou Jean Gandois », exécute au pas de charge le plan stratégique Transform & Grow, qu’il a élaboré. « Saint-Gobain a radicalement changé en quelques années », assure M. Bazin : cela est notable non seulement au sein de ses équipes, avec un comité exécutif composé pour moitié de dirigeants étrangers et davantage féminisé, même s’il n’a pas atteint la parité, mais aussi, et avant tout, au sein de son organisation.

Activité décentralisée

Le groupe est en effet réorganisé autour de soixante-dix pays, « chacun doté d’un directeur général qui connaît intimement ses marchés et ses clients », décrit M. Bazin. Ces dirigeants locaux proposent moins des produits que des solutions complètes (matériaux, isolation, vitrage…) intégrant un objectif environnemental et une exigence de performance opérationnelle. Ainsi, 85 % de l’activité est désormais pilotée de façon décentralisée. Le siège de La Défense (Hauts-de-Seine) conserve quelques directions pour des marchés mondiaux, comme le vitrage automobile Sekurit, et des fonctions transversales (recherche et développement, marketing stratégique, performance industrielle).

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