Le guitariste Olivier Libaux est mort

Olivier Libaux, guitariste du groupe Nouvelle Vague sur scène à Barcelone (Espagne), le 24 mars 2021.

Guitariste et auteur-compositeur élégant, révélé avec le groupe Les Objets, producteur devenu expert international de l’art de la reprise, au sein du projet Nouvelle Vague, Olivier Libaux a été retrouvé mort, mardi 29 septembre, à son domicile parisien. Il avait 57 ans.

Au début des années 1990, le longiligne jeune homme, né le 5 mai 1964 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), cherche à transcender son amour de la scène indie pop anglo-saxonne, au sein d’un duo, Les Objets, formé à Paris avec le chanteur Jérôme Rousseaux. Publié en 1991, leur premier album, La Normalité (Columbia/Sony), scintillera d’une douce excentricité (La saison des mouches), portée par la ligne claire de guitares marquées par l’influence des Smiths, des Go-Betweens ou du Monochrome Set (dont le groupe enregistrera une pimpante version francophone de The Jet Set Junta). Dans la lignée d’un groupe comme Oui Oui, dont le batteur et futur cinéaste Michel Gondry réalisera deux de leurs clips (La Normalité, Sarah), la fausse candeur des Objets connaîtra à nouveau un succès d’estime… et un échec commercial, avec un second opus, Qui est qui ? (1994).

Lors de la séparation du groupe (Jérôme Rousseaux se lançant dans une carrière solo sous le nom d’Ignatus), Olivier Libaux mettra sa guitare gracile au service de Carla Bruni, de Dominique Dalcan ou d’Alex Gopher, avant de se plonger dans un ambitieux travail de composition devant plus à la notion de troupe qu’à celle de groupe. D’abord, avec un premier projet de comédie musicale, L’Héroïne au bain (2003), mêlant l’influence lumineuse de Jacques Demy et Michel Legrand à la sombre fantaisie de Tim Burton. Mettant en scène les voix de Philippe Katerine, Helena Noguerra, Lio, Doriand, Dominique Dalcan ou Michael von der Heide, l’album ne donnera jamais naissance au spectacle annoncé. Ce qui ne sera pas le cas d’Imbécile (2007), son deuxième disque scénarisé, avec la participation de Katerine, Helena Noguerra, J. P. Nataf et Barbara Carlotti, dont le huis clos sera retranscrit au Café de la danse, à Paris, mis en scène par Olivier Martinaud.

Chansons post-punk en version bossa

Mais c’est sa collaboration avec le musicien versaillais Marc Collin qui permet à Libaux de passer de la réussite confidentielle au succès international. Avec la création du duo Nouvelle Vague, ces deux fans de la new wave des années 1980 trouvent en effet une formule magique, en adaptant en version acoustique et bossa-nova un florilège de chansons post-punk. Chantées principalement par des interprètes féminines (Camille, Mélanie Pain, Phoebe Killdeer, Daniella d’Ambrosio…), ces reprises de Joy Division, The Cure, Depeche Mode ou des Dead Kennedys séduiront un public international (500 000 exemplaires du premier album, Nouvelle Vague, 2004, vendus dans le monde), ce qui permettra au groupe de tourner, jusqu’à cette année, dans des dizaines de pays.

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