Le journaliste Etienne Mougeotte est mort

Etienne Mougeotte en septembre 2015, à Paris.

Journaliste, patron de presse, directeur des programmes. Mais aussi homme d’influence. Etienne Mougeotte, est mort jeudi 7 octobre, à Paris, à l’âge de 81 ans, a appris Le Monde auprès de son entourage, confirmant une information d’Europe 1. Il aura, au cours de sa longue carrière, multiplié les expériences. Et avoir eu le plaisir de diriger ce qui était à l’époque la première radio de France (Europe 1), le premier magazine de presse écrite (Télé 7 Jours) et surtout, durant une vingtaine d’années, les programmes de la première chaîne de télévision en Europe (TF1).

L’homme à la grande silhouette encaisse les coups sans se lancer inconsidérément dans l’arène. C’est un taiseux souriant. « Il se protège, tel un sphynx », disait de lui l’un de ses proches. Au fil de son parcours, il aura aussi veillé, avec des succès mitigés, à ne pas trop froisser ses puissants patrons, qu’il s’agisse de Jean-Luc Lagardère, Francis et Martin Bouygues ou Serge Dassault.

« Raconter le dessous des cartes »

Rapide, gros travailleur et petit dormeur, humant l’air du temps avec délectation, Etienne Mougeotte a fait carrière dans un domaine qui n’était pas vraiment dans les radars de ce fils de cheminot, né le 1er mars 1940 à La Rochefoucauld (Charente). Diplômé de Sciences Po, le jeune Mougeotte rêvait de faire l’ENA, pas de tâter du journalisme. C’est en tant que vice-président de l’UNEF, célèbre syndicat étudiant, qu’il prendra goût à l’information, au sens large. « J’ai vu, des coulisses, les petites et grandes manœuvres d’un gros appareil syndical. Et de ce jour, je me suis dit : “Tu ne feras jamais de politique !” A l’inverse, il faut que tu deviennes journaliste. Pour raconter le dessous des cartes », racontait-il à L’Express en 2004.

C’est un taiseux souriant. « Il se protège, tel un sphynx », disait de lui l’un de ses proches.

Après une brève expérience au quotidien Paris-Normandie, il entre à France Inter en 1967 pour couvrir la guerre des Six-Jours. En mars 1968, Europe 1 l’embauche. Mais il quitte rapidement la station de la rue François-Ier (il y reviendra en 1974) pour la télévision et la première chaîne. Ses premières apparitions à l’antenne datent d’octobre 1969 dans « Information Première ». Sous le regard attentif de Pierre Desgraupes, le presque trentenaire donne un coup de jeune à la présentation. Mais en 1972, il est viré pour « persiflage » par un pouvoir pompidolien qui apprécie modérément le personnage, un peu trop gauchiste à ses yeux. C’est à Europe 1 qu’Etienne Mougeotte va rebondir.

Il vous reste 64.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.