Le marché de la sécurité des Etats prêt à rebondir après la crise sanitaire

Au salon Milipol de Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 19 octobre 2021.

Marqué par la visite polémique d’Eric Zemmour mercredi 20 octobre, le Milipol, salon mondial de la sûreté et de la sécurité intérieure des Etats, se tient à Villepinte (Seine-Saint-Denis), du 19 au 22 octobre. La manifestation, qui devrait accueillir 30 000 visiteurs, est une affaire sérieuse. On y découvre les innovations dans la lutte contre le terrorisme, la protection des citoyens, la sûreté urbaine, la sécurité de proximité, la sécurisation des grandes manifestations culturelles ou sportives, ou la défense contre les risques majeurs, naturels ou sanitaires. En France, le secteur compte des poids lourds (Thales, Orange, Atos…), des entreprises à taille intermédiaire et 4 000 PME, qui emploient 130 000 personnes et réalisent 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Cette vitrine mondiale drainera 170 délégations étrangères, avec une très faible présence de la Chine. Un changement de pied par rapport à 2019, où elle était le pays le mieux représenté derrière la France et les Etats-Unis. Une partie des réponses sécuritaires « se construit dans une relation avec l’extérieur », souligne le préfet Yann Jounot, président de Milipol et ancien coordinateur national du renseignement (2016-2017). Mais la coopération dans le maintien de la sécurité intérieure est exclue avec un régime qui réprime toute opposition, opprime les Ouïgours et met Hongkong au pas.

Pour la première fois depuis des décennies, les ventes d’équipements et de technologies ont reculé (– 3,1 %, à 605 milliards d’euros, dont 150 milliards pour la seule sécurité intérieure), selon une étude des publications En toute sécurité, spécialiste de l’analyse stratégique du secteur. L’activité reste néanmoins résiliente, puisqu’elle a moins baissé que le produit intérieur brut (PIB) mondial.

« Extrêmement dynamique »

Outre la priorité donnée à la lutte contre la pandémie de Covid-19 par de nombreux Etats, la tendance s’explique surtout par la fermeture des aéroports et l’effondrement du trafic aérien, secteur où ce type d’investissement n’a cessé de progresser, par le recul de la protection rapprochée, réduite par les confinements, et par la limitation des transports de fonds, touchés par l’envolée des paiements numériques. En revanche, les outils de cybersécurité et les drones de surveillance ont poursuivi leur croissance.

Le marché de la sécurité des Etats, qui croît deux fois plus vite que la richesse mondiale, va rebondir de 7 % en 2021 et retrouver son rythme de 2019 (+ 6,7 %). « Il redevient extrêmement dynamique, se félicite M. Jounot. Ce salon est celui de la reprise dans un contexte de relance. » Selon une étude réalisée pour le GIE Milipol, qui organise aussi des salons à Doha, au Qatar, et à Singapour, quatre secteurs afficheront une forte croissance dans les trois prochaines années : l’informatique-cybersécurité (+ 64 %), l’authentification et les contrôles d’accès (+ 60 %), les drones et les robots (+ 56 %), les risques majeurs et la défense civile (+ 44 %).

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