Le mystère Merkel, Bartabas, la colonisation française… Trois replays et un podcast

LA LISTE DE LA MATINALE

«  Ex anima », spectacle de Bartabas, au Théatre Zingaro à Aubevilliers.

Du feu à tous les étages cette semaine. Le feu de l’écriture d’un livre flamboyant, celui de Tsar, le cheval de Bartabas ; le feu sanglant de la colonisation française et les cendres qu’elle a laissées derrière elle ; le feu sacré de « Mutti » Merkel, la retraitée la plus célèbre d’Europe, sinon du monde.

« Bartabas et Tsar, entretiens silencieux »… et complices

Homme, animal, danse et musique : Bartabas donne rendez-vous à partir du 19 octobre au Fort d’Aubervilliers pour « Le cabaret de l’exil », son nouveau spectacle.

Ne pas se fier aux mots. Ces Entretiens silencieux commencent dans le bruit et la musique tsigane du Cabaret équestre, premier spectacle créé par Bartabas en 1984. Des couleurs, des clowneries qui tranchent avec le noir et blanc et l’économie de gestes de la captation réalisée récemment dans les écuries du château de Versailles. On y retrouve Bartabas « deux fois 30 ans », seul avec Tsar, « cheval immense » de 1,95 m au garot, pour partager ce qu’il a de plus précieux, leur travail quotidien et fusionnel, au lever du soleil, « avant la vie des hommes ».

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Le chemin parcouru s’évalue au fil des flash-back des spectacles passés – Opéra équestre (1991), Chimère (1994), Eclipse (1997), Loungta (2010). Aujourd’hui, « restent nos sensations » que l’écuyer artiste « porte encore d’un cheval à l’autre », depuis la mort en 1998 de « Zingaro, mon sang ma chair » à 17 ans ; jusqu’à Tsar, qui semble sous nos yeux choisir de lui-même de longer les miroirs puis de prendre une diagonale en pas croisés – un appuyer – touchant à la perfection. Au public, autre partenaire indispensable, Bartabas livre avec humour le secret de son dressage : « penser avec les fesses ». Tandis que Zingaro, le théâtre équestre, lui donne rendez-vous à partir du 19 octobre au Fort d’Aubervilliers pour Le Cabaret de l’exil, son nouveau spectacle. Catherine Pacary

Bartabas et Tsar, entretiens silencieux, de Jackie Bastide (Fr., 2021, 52 min). En replay jusqu’au 15 octobre sur France.tv.

« Colonisation, une histoire française » : un passé qui ne passe pas

« Colonisation : une histoire française », un documentaire en trois épisodes de Hugues Nancy, avec Marc Ferro.

« C’est nous qui avons l’air de barbares au milieu de ces barbares… Mais qui sont chez eux », écrivait Maupassant en reportage à Alger en 1880. Pour sortir du « déni collectif » de l’histoire de la colonisation française, Hugues Nancy n’y va pas par quatre chemins. En trois épisodes (« Conquérir à tout prix », « Fragile apogée », « Prémices d’un effondrement »), avec l’aide de l’historien Marc Ferro, il casse les idées reçues, déboulonne les icônes, rappelle le long et douloureux combat que fut la quête de l’indépendance pour « les dizaines de millions d’habitants maintenus dans la soumission » par une République française pénétrée de sa « mission civilisatrice » et universelle. « Partout où la France a tenté de planter son drapeau, elle a dû faire face à une résistance acharnée », rappelle le documentaire. Il ressuscite plusieurs figures aujourd’hui oubliées, d’Alger à Madagascar, de Dakar à Saïgon. De Samory Touré dès 1893 en Afrique de l’Ouest, à Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire, chantres de la négritude dans les années 1930 ; de l’émir Abd el-Kader (1808-1883), à Messali Hadj, Ferhat Abbas, Ben Bella qui forgèrent la nation algérienne. Sans oublier, en Indochine, le jeune Nguyên Sinh Cung, futur Hô Chi Minh…

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