Le nouveau plan d’investissement du gouvernement, sur l’innovation et les « industries du futur », provoque des tiraillements

Des techniciens travaillant sur la construction d’un bus à hydrogène, à l’usine de la Safra, à Albi (Tarn), le 4 mars.

Le plan de relance souffle à peine sa première bougie que déjà, il a vécu. Lundi 6 septembre, le premier ministre Jean Castex devait donner le coup d’envoi à une grande campagne de communication faisant la promotion de ce dispositif à 100 milliards d’euros, lancé à l’automne 2020 pour accompagner ce qui devait être alors la sortie de crise. Mais unnouveau plan, centré sur l’investissement et visant à préparer « la France de 2030 », estdéjà en gestation.

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Annoncé par le chef de l’Etat dans son allocution télévisée du 12 juillet, celui-ci vise à « faire émerger dans notre pays et en Europe les champions de demain, qui, dans les domaines du numérique, de l’industrie verte, des biotechnologies ou encore de l’agriculture, dessineront notre avenir », avait expliqué Emmanuel Macron. De telles perspectives suscitent toutes les convoitises au sein du gouvernement, alors que Bercy, en pleine préparation du projet de loi de finances 2022, prêche de nouveau un discours de modération budgétaire, et met en œuvre la sortie du « quoi qu’il en coûte », réduisant les aides aux entreprises frappées par le Covid-19.

L’ambition de ce plan d’investissement baptisé « France 2030 » par le président de la République, est de créer de toutes pièces de nouvelles filières industrielles en France, afin de réduire la dépendance du pays, non seulement vis-à-vis de ses fournisseurs à l’étranger, mais aussi des quatre secteurs qui font sa force aujourd’hui, à savoir l’aéronautique, le luxe, l’agroalimentaire et la santé. Une poignée d’industries à financer ont été identifiées, telles les batteries, les semi-conducteurs, les biotechs, l’hydrogène ou le nucléaire. Un important volet « capital humain » portant sur la formation doit accompagner ce plan, dans un contexte où certaines filières sous tension peinent par ailleurs à recruter.

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« L’objectif est de retrouver le chemin d’une indépendance française et européenne », insiste l’Elysée, conscient que la thématique de la réindustrialisation du pays sera au cœur de la campagne présidentielle qui démarre. L’enveloppe semble d’ailleurs avoir été revue à la hausse ces dernières semaines, avoisinant désormais les 30 milliards d’euros d’argent public, devant être complétés par des financements privés.

Bras de fer entre les ministères et Bercy

Ce projet présidentiel devait initialement constituer un temps fort de la rentrée politique, avec une présentation prévue le 9 septembre, pour une mise en œuvre dès le budget 2022, voté cet automne. Les différents ministères concernés – économie, travail, transition écologique, enseignement supérieur, agriculture, santé, culture – ont chacun planché sur leur copie pendant l’été. Mais, lors d’un déjeuner de travail à l’Elysée avec les intéressés le 27 août, Emmanuel Macron a jugé le rendu pas suffisamment ambitieux, comme l’a révélé Le Canard enchaîné. Et reporté les annonces au mois d’octobre.

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