Le nouveau préfet veut en finir avec les bidonvilles à Montpellier

Hugues Moutouh, le 26 août 2015 à Alençon.

« Je souhaite la fin des bidonvilles à Montpellier. » Mardi 31 août, le préfet de l’Hérault, Hugues Moutouh, a fait démanteler l’un des plus importants camps de la ville. Une décision qui a provoqué la colère des associations de terrain, qui doivent signer une charte et tenir une conférence de presse, mercredi 8 septembre.

Car, depuis janvier, une stratégie commune, nommée Territoire zéro bidonville, animait les travailleurs sociaux, les services de l’Etat et le maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse. Objectif : l’absorption totale des bidonvilles de Montpellier en six ans, d’ici à 2027. Un sujet important dans cette ville qui compte une dizaine de camps regroupant près de 800 personnes, principalement d’origine roumaine. La méthode est claire : l’accompagnement social plutôt que l’expulsion.

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L’Etat met des moyens importants, avec notamment plusieurs médiateurs scolaires à temps plein et un vrai soutien aux associations. Celles-ci font un travail de fourmi pour préscolariser, scolariser, aider les personnes pour les démarches administratives, trouver des solutions d’emploi ou de logement. La ville conforte cette politique. « Nous avions le sentiment que toutes les planètes étaient enfin alignées, explique Sylvie Chamvoux, pour la Fondation Abbé Pierre. Les associations, la ville, la région, l’Etat, tout le monde travaillait dans le même sens. »

« La ville était montrée en exemple »

Changement de cap neuf mois plus tard : deux jours avant la rentrée scolaire, le préfet fait démanteler l’un des principaux bidonvilles de Montpellier, le Mas rouge, installé depuis onze ans en bordure de l’autoroute, dans le quartier de la nouvelle mairie. Depuis une décision de justice, en 2019, les habitants, qui y vivaient dans des conditions d’extrême insalubrité, étaient là en toute illégalité : 141 personnes dont 53 mineurs ont dû quitter les lieux. Ceux qui pouvaient faire rouler leur caravane ont pris la route ; pour les autres, l’Etat propose à chacun une solution de relogement.

Que s’est-il passé entre janvier et septembre ? Un incendie dans ce bidonville, début août, et surtout l’arrivée, mi-juillet, d’un nouveau préfet, Hugues Moutouh, 53 ans, qui se définit lui-même comme un « préfet d’autorité », qui veut avoir « la main ferme ».

« Des expulsions de bidonvilles, il y en a, mais précisément, ce n’était pas le cas à Montpellier, explique Catherine Vassaux, directrice de l’association référente au Mas rouge, l’AREA. La ville était montrée en exemple, notamment par la Dihal, la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement. »

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